de les identifier. Ce sont des jardins avec des limites
et des noms qui sont parfois très évocateurs. Au
large de la pointe de Bretagne, les zones de pêche
des langoustines sont définies ainsi : le banc carré, la
barrière, le trou à Marc, Verdun, la fleur, le circuit à
merlans, la cuvette, le haricot, le trou cailloux, le trou
à Emile...
Les pêcheurs à l'affût y puisent leurs ressources
avec une habileté sans pareille, se jouant des courants dans des conditions météo souvent difficiles
quand il s'agit d'aller au Nord Irlande par exemple.
Leur savoir-faire laisse admiratifs ceux qui voient
débarquer la pêche de deux semaines, durement
acquise sur les bateaux hauturiers.
Il faut avoir lu Racleurs d'océans d'Anita Conti
pour suivre le chemin du chalutier Bois-Rosé qui
parcourt l'Atlantique nord puisque "la pêche, c'est
le jeu qu'il faut gagner, parce que c'est en même
temps la vie qu'il faut défendre"... Et il faut participer au travail des hommes pour comprendre ce
qu'ils entendent par "perdre le sommeil".
Ils savent tous "endurer". Le mot n'est pas trop
fort pour parler du dur labeur qu'ils accomplissent.
"Les grosses bobines du treuil commencent à
tourner et un gémissement pleure : les treuils ont la
voix misérable des sirènes blessées."
Cependant, la vie maritime n'est pas liée spécifiquement à la pêche. Ce qui, en revanche, est le lot
commun de tous les bateaux, ce sont les avaries, les
disparitions (la probabilité de tomber à la mer est
permanente) et les naufrages qui se terminent parfois par cette phrase tragique "bateau disparu corps
73
et des noms qui sont parfois très évocateurs. Au
large de la pointe de Bretagne, les zones de pêche
des langoustines sont définies ainsi : le banc carré, la
barrière, le trou à Marc, Verdun, la fleur, le circuit à
merlans, la cuvette, le haricot, le trou cailloux, le trou
à Emile...
Les pêcheurs à l'affût y puisent leurs ressources
avec une habileté sans pareille, se jouant des courants dans des conditions météo souvent difficiles
quand il s'agit d'aller au Nord Irlande par exemple.
Leur savoir-faire laisse admiratifs ceux qui voient
débarquer la pêche de deux semaines, durement
acquise sur les bateaux hauturiers.
Il faut avoir lu Racleurs d'océans d'Anita Conti
pour suivre le chemin du chalutier Bois-Rosé qui
parcourt l'Atlantique nord puisque "la pêche, c'est
le jeu qu'il faut gagner, parce que c'est en même
temps la vie qu'il faut défendre"... Et il faut participer au travail des hommes pour comprendre ce
qu'ils entendent par "perdre le sommeil".
Ils savent tous "endurer". Le mot n'est pas trop
fort pour parler du dur labeur qu'ils accomplissent.
"Les grosses bobines du treuil commencent à
tourner et un gémissement pleure : les treuils ont la
voix misérable des sirènes blessées."
Cependant, la vie maritime n'est pas liée spécifiquement à la pêche. Ce qui, en revanche, est le lot
commun de tous les bateaux, ce sont les avaries, les
disparitions (la probabilité de tomber à la mer est
permanente) et les naufrages qui se terminent parfois par cette phrase tragique "bateau disparu corps
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