les bateaux de sauvetage et ce grand pétrolier sur
lequel courent des tuyaux...
Vous croisez des dockers, des marins et des voyageurs débarquant du "courrier" (le ferry) qui vient
de l'île d'en face, YEnez Eussa (l'île d'Ouessant).
Un va-et-vient incessant de camions fait vibrer le
port. Vous vous engouffrez dans un bistrot où se
croisent des salopettes cirées et des cols blancs des
bureaux de fret, de Douanes et des Affaires maritimes. Bien souvent, c'est une femme qui est derrière
le comptoir, maîtrisant son monde les soirs de
dérive, servant certains matins un ou deux cachets
effervescents dans un grand verre d'eau, après un
lendemain de fête de force 7 à 8, lorsque "la voix a
cet air vert-de-grisé des bronzes longtemps exposés
aux intempéries", nous dit Dominique Duviard
dans Drôle de plaisancerie.
Dans l'arrière-port, des chantiers s'illuminent des
gerbes d'étincelles des chalumeaux des ouvriers en
bleu de travail. Plus loin, d'autres employés tirent
des câbles sur le quai, et dans les bassins de carénage des peintres sont suspendus au flanc du
navire. Puis, le domaine des entrepôts et des grues
que la brume mange certains jours est sillonné d'un
circuit complexe de rails de chemin de fer où les
marchandises en transit attendent leur transfert...
Parfois, sur le quai, vous vous arrêtez, enchanté par
une sirène qui hurle trois fois : c'est la manœuvre
annoncée d'un bateau en partance.
Il arrive que vous saisissiez l'amarre que l'on vous
lance depuis le pont d'un chalutier qui arrive et
vous la passez immédiatement dans un anneau en
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