84 TROIS AVENTURES DE LA CALYPSO
ment exceptionnel qui devait nous permettre de procéder sur ces animaux
uniques au monde à des expériences qui n’avaient jamais été tentées.
Je pensais que grâce à nos plongeurs longuement entraînés à approcher
les animaux marins et aussi grâce à plusieurs engins que nous allions utiliser
pour la première fois — de nouveaux sous-marins humides et de nouveaux
scooters — nous pourrions recueillir sur ces sauriens encore très mystérieux
une documentation sous-marine qu’aucune expédition n’avait pu obtenir.
Les films tournés au camp 1 et au camp 2 constituaient déjà une documentation précieuse, mais pendant plus de 135 ans l’iguane des Galapagos
a intrigué le monde scientifique. Je voulais tirer au clair sa façon de nager,
de se nourrir et surtout vérifier le temps pendant lequel il pouvait vivre sans
remonter à la surface et surtout à quelle profondeur il pouvait descendre.
J’avais demandé au plus grand spécialiste des iguanes, le Dr Bartholomew, de venir participer à nos expériences. Le 20 mars nous sommes
allés le chercher à l’aérodrome de Baltra et les premières observations scientifiques contrôlées ont pu commencer. Elles m’intéressaient d’autant plus
qu’à bord de la Calypso nous étudions tous les moyens susceptibles de faire
de l’homme un meilleur plongeur et nous espérions bien obtenir à ce sujet
quelque indication utile de la part de l’iguane que rien ne prédisposait à
descendre dans la mer.
Aussi avons-nous cherché d’abord à savoir jusqu’à quelle profondeur
il pouvait descendre. Ce fut principalement la tâche de Bernard Delemotte
et de Jacques Delcoutère.
Certes les appareils que l’homme a inventés pour plonger peuvent
toujours être perfectionnés, mais leurs progrès sont limités par la physiologie. Afin de descendre plus bas, plus longtemps et mieux, nous songeons
maintenant à modifier la physiologie humaine elle-même. Ce qui se produit
chez un animal qui n’était pas fait pour vivre sous l’eau peut nous fournir
des leçons utiles.
L’expérience fut plus difficile que nous l’avions d’abord pensé. L’iguane
marin, lorsqu’un plongeur tente de l’entraîner avec lui de plus en plus bas
a recours à une ruse : il fait le mort. C’est ainsi que s’est comporté le sujet
que Bernard Delemotte accompagnait et poussait doucement devant lui vers
le fond de la mer. A 15 mètres de la surface l’animal s’est brusquement
immobilisé sur un rocher et Delemotte, très impressionné, a cru l’avoir tué,
mais tout à coup l’iguane mettant à profit l’hésitation du plongeur a filé
vers la surface.
Dans une seconde expérience, Delemotte a réussi à maintenir l’iguane
à une vingtaine de mètres pendant un temps assez long. Puis il l’a remonté
dans ses bras alors qu’il ne bougeait plus. Delemotte raconte :
ment exceptionnel qui devait nous permettre de procéder sur ces animaux
uniques au monde à des expériences qui n’avaient jamais été tentées.
Je pensais que grâce à nos plongeurs longuement entraînés à approcher
les animaux marins et aussi grâce à plusieurs engins que nous allions utiliser
pour la première fois — de nouveaux sous-marins humides et de nouveaux
scooters — nous pourrions recueillir sur ces sauriens encore très mystérieux
une documentation sous-marine qu’aucune expédition n’avait pu obtenir.
Les films tournés au camp 1 et au camp 2 constituaient déjà une documentation précieuse, mais pendant plus de 135 ans l’iguane des Galapagos
a intrigué le monde scientifique. Je voulais tirer au clair sa façon de nager,
de se nourrir et surtout vérifier le temps pendant lequel il pouvait vivre sans
remonter à la surface et surtout à quelle profondeur il pouvait descendre.
J’avais demandé au plus grand spécialiste des iguanes, le Dr Bartholomew, de venir participer à nos expériences. Le 20 mars nous sommes
allés le chercher à l’aérodrome de Baltra et les premières observations scientifiques contrôlées ont pu commencer. Elles m’intéressaient d’autant plus
qu’à bord de la Calypso nous étudions tous les moyens susceptibles de faire
de l’homme un meilleur plongeur et nous espérions bien obtenir à ce sujet
quelque indication utile de la part de l’iguane que rien ne prédisposait à
descendre dans la mer.
Aussi avons-nous cherché d’abord à savoir jusqu’à quelle profondeur
il pouvait descendre. Ce fut principalement la tâche de Bernard Delemotte
et de Jacques Delcoutère.
Certes les appareils que l’homme a inventés pour plonger peuvent
toujours être perfectionnés, mais leurs progrès sont limités par la physiologie. Afin de descendre plus bas, plus longtemps et mieux, nous songeons
maintenant à modifier la physiologie humaine elle-même. Ce qui se produit
chez un animal qui n’était pas fait pour vivre sous l’eau peut nous fournir
des leçons utiles.
L’expérience fut plus difficile que nous l’avions d’abord pensé. L’iguane
marin, lorsqu’un plongeur tente de l’entraîner avec lui de plus en plus bas
a recours à une ruse : il fait le mort. C’est ainsi que s’est comporté le sujet
que Bernard Delemotte accompagnait et poussait doucement devant lui vers
le fond de la mer. A 15 mètres de la surface l’animal s’est brusquement
immobilisé sur un rocher et Delemotte, très impressionné, a cru l’avoir tué,
mais tout à coup l’iguane mettant à profit l’hésitation du plongeur a filé
vers la surface.
Dans une seconde expérience, Delemotte a réussi à maintenir l’iguane
à une vingtaine de mètres pendant un temps assez long. Puis il l’a remonté
dans ses bras alors qu’il ne bougeait plus. Delemotte raconte :
