74 TROIS AVENTURES DE LA CALYPSO
A bord de la Calypso
Comme nous voulions mettre à profit au maximum le temps dont nous
disposions aux Galapagos, notre activité se déroulait sur trois plans à la
fois. Tandis qu’à Fernandina Jacques Renoir et ses camarades tournaient
tout ce qui concerne la ponte des iguanes, le camp 1 poursuivait encore le
tournage sous-marin à l’île Hood et surtout la Calypso ne restait pas
inactive. Elle faisait le tour des îles enchantées, s’arrêtant parfois pour une
escale sur un îlot, comme à Rabida d’où l’on peut voir toutes les îles dispersées en cercle sur la mer. Certaines d’entre elles apparaissent rouges,
d’autres couvertes de végétation verte, d’autres encore toutes noires. Cette
diversité de paysages est fascinante, lorsqu’on sait qu’elle correspond à une
diversité d’animaux et de modes de vie.
C’est à l’îlot Plaza que nous avons fait connaissance avec les iguanes
terrestres qui sont vraiment dorés. Il est rare de voir des animaux qui
semblent porter une carapace évoquant à ce point un métal rare. Ils ont
l’air d’être coiffés d’une casquette d’or sur laquelle des ombres font penser
à des coulées de lave.
Ils se nourrissent de feuilles et de fleurs et ils consomment même les
feuilles d’opuntia armées de piquants aussi redoutables que des aiguilles.
Ils ont été largement victimes des chiens sauvages. Mais depuis que l’archipel
des Galapagos est fréquenté par les touristes, ils ont trouvé une nouvelle
source de nourriture. Ils viennent demander à manger aux visiteurs avec
une effronterie extrême. Ils aiment particulièrement les bananes. Ils ne
« crachent » pas comme les iguanes marins, mais ils mordent.
Floreana est l’île des flamants roses. C’est au large de Floreana que
Bernard Delemotte et Michel Deloire, en filmant dans un fort courant toute
une troupe de tortues, se sont trouvés face à face avec un grand requin
marteau. Il s’est arrêté brusquement à moins de 4 mètres d’eux et s’est
incliné sur le côté. Les plongeurs distinguaient l’œil, accroché au bout d’une
lame de chair étrange et qui semblait les fixer intensément. Le moment était
angoissant. Le requin allait-il se jeter sur eux ? Après les avoir regardés
un moment, il disparut.
Toutes les fois que nous avons rencontré un requin marteau c’était
toujours dans des eaux chargées d’écume où il était difficile de les voir.
Ils semblent affectionner les rouleaux qui déferlent. Malgré tout ce qu’on
peut dire sur la mauvaise vue d’un requin marteau, il est certain qu’il fait
un effort particulier pour regarder un plongeur en faisant basculer sa tête
pour diriger vers lui un seul de ses yeux.
Quant aux tortues, les plus grosses pesaient entre 100 et 150 kilos.
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