66 TROIS AVENTURES DE LA CALYPSO
Les rives de l’île Femandina ont des falaises noires qui tombent à pic
dans la mer. Elles ne sont pas très hautes, mais elles semblent défendues
par des pointes déchiquetées sur lesquelles les rouleaux viennent éclater avec
violence. Mais soudain au détour d’un cap on découvre une eau parfaitement lisse, comme celle d’un lagon. C’est l’aspect habituel de ces îles des
Galapagos : elles montrent un côté à pic et l’autre en pente douce. La
falaise à pic se situe à l’ouest ou au sud et la côte plate est au nord.
A la pointe Espinosa notamment, la lave a formé au-dessus de la mer
une espèce d’amphithéâtre avec des gradins circulaires alignés et c’est là
que se tiennent les manchots et des petites otaries très familières que personne n’a jamais chassées.
Après avoir fait le tour de l’île en zodiac, Bernard Delemotte et ses
camarades ont estimé que c’était le meilleur endroit pour y fixer un camp.
Couleur de lave
Dans les petits canaux aux eaux tranquilles, abrités vers le large par des
murs volcaniques, se sont formées des pièces d’eau intérieures où habitent
les otaries qui ont des petits. C’est là qu’on peut assister à la tétée. Des
palétuviers ont poussé autour de ces petits lacs et forment au milieu de la
lave noire des lignes de végétation qui reposent les yeux. Certains iguanes
viennent se cacher dans les racines de ces arbres.
Les iguanes de Fernandina ont regardé sans bouger installer le camp.
Ceux-là n’ont pas les belles couleurs rouges et vertes des iguanes de Hood,
ils sont noirs, de la couleur de la lave, et on peut passer à côté d’eux sans
les voir.
Comme dans toutes les îles, les chèvres abondent et nos camarades
installés à ce camp 2 étaient bien résolus à varier leurs menus en en tuant
quelques-unes, comme nous l’avait recommandé de le faire le directeur de
la Fondation Darwin. Ces chèvres sont extrêmement néfastes pour la flore
et compromettent la vie des autres animaux.
Elles sont très sauvages et se livrent à des acrobaties qui rendent parfois
leur poursuite difficile. Il est curieux de remarquer qu’aux Galapagos, tous
les animaux qu’on peut qualifier de sauvages ou de libres et qui sont les
premiers occupants se laissent très facilement approcher par l’homme,
tandis que les'animaux autrefois domestiqués et abandonnés par les anciens
navigateurs sont devenus très méfiants. On trouve en effet non seulement
des chèvres mais des bœufs, des chevaux et des chiens, retournés à l’état
sauvage.
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