50 TROIS AVENTURES DE LA CALYPSO
14 heures 30, le zodiac repart avec le grand éclairage. Mouillé dans
un endroit calme. Nous attendons sous l’eau que le zodiac nous rabatte un
iguane. L’animal plonge, il heurte le fond, stoppe et bientôt deux petites
bulles d’air s’échappent de ses narines. Il lève la tête et commence à
remonter. Il perce la surface, nage un peu, la tête hors de l’eau et replonge
en piquant vers le fond pour s’arrêter de nouveau. Plusieurs fois, nous
tournons cette scène avec la caméra 16 mm. Nous avons fait de bonnes
séquences. Hélas, la caméra a bourré.
10 février. J’ai des problèmes car Michel Deloire veut filmer les iguanes
sous l’eau et Jacques Renoir veut les filmer à terre. Je suis obligé de me
partager entre eux.
Seules les iguanes femelles de l’île Hood revêtent à l’époque de la
ponte des couleurs extraordinaires qui les font ressembler aux mâles. Le
dessus de la tête, le dos et une partie des bras sont d’un vert lumineux. Les
flancs sont moirés, rouge et noir. Leur seul ennemi est une certaine espèce
de grive, qui mange leurs œufs. Fait stupéfiant, les femelles ne les chassent
pas.
Les iguanes marins mâles vivent avec leurs femelles sur un territoire
bien précis et l’intrusion d’un autre mâle provoque une lutte qui va jusqu’à
la défaite du vaincu, mais pas jusqu’à sa mort.
Ce territoire est le plus souvent une faille rocheuse dans laquelle le
sable s’est accumulé. Les œufs y sont disposés et enterrés. Mais si la mère
s’éloigne, elle se retourne, revient, surveille son nid, car les emplacements
sont rares sur cette côte couverte de lave. Il n’est pas rare qu’une autre
femelle survienne et tente de déposer sa ponte au même endroit. Une
bagarre se déclenche aussitôt à laquelle le mâle met généralement fin à
coups de tête.
Les chercheurs de la Fondation Darwin nous ont assuré que les iguanes
de l’île Hood ne ressemblent aux autres ni par leurs couleurs ni par leurs
habitudes. Chaque île représente un univers en miniature. C’est donc, comme
l’avait pressenti Darwin, un merveilleux laboratoire pour étudier les lois du
comportement, de l’écologie et de l’adaptation au milieu.
Nous apercevons au sud de la pointe Suarez un rocher isolé qui est
couvert d’iguanes. Nous pensons qu’il doit y en avoir sous l’eau et nous
nous y rendons dans l’espoir de les surprendre alors qu’ils sont occupés à
manger. Aucun succès. De plus, la houle est très forte. Nous travaillons
dans 3 mètres d’eau et il nous faut nous laisser aller dans des creux de plus
de 1 mètre. Nous avons les oreilles affreusement douloureuses. Impossible,
à cause des vagues, de tourner une bonne séquence.
Vers 18 heures, nous apercevons un troupeau de chèvres qui fait le
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