36 TROIS AVENTURES DE LA CALYPSO
sur une longueur de 20 mètres et se terminait par un sol plus foncé et plus
ferme où le ressac ne semblait pas parvenir.
Il est aussitôt décidé d’établir le camp à cet endroit. L’équipe est
composée de sept personnes et elle est bientôt mise à terre. Il y aura pour
vivre et travailler sur cette île déserte : deux cinéastes, Michel Deloire et
Jacques Renoir, un assistant, Henri Alliet, un chef plongeur, Bernard Delemotte, deux plongeurs, Dorado et Delcoutère et le cuisinier américain,
« Little Joe ».
La journée du lendemain se passe à installer le camp et à débarquer
tout ce dont l’équipe peut avoir besoin comme matériel et comme ravitaillement. La Calypso, rationnée à l’extrême, laisse à l’équipe cinéma tous les
vivres et l’eau dont elle peut disposer.
A 18 heures 20, le 18 février, elle appareille enfin pour Guayaquil.
Cet emplacement de la pointe Suarez se révélera finalement comme
un excellent choix, malgré ses rochers de lave noire, la violence de ses
vagues, et l’aridité de ses paysages. Les animaux y étaient merveilleusement
nombreux et tous se prêtaient avec complaisance au rôle de figurants de
cinéma.
Au cours de leur reconnaissance, Delemotte et Deloire ne s’étaient pas
rendu compte que l’emplacement choisi pour y établir le camp était depuis
bien longtemps le domaine personnel d’une troupe d’otaries*. L’arrivée de
l’équipe ne sembla pas troubler le moins du monde les anciens locataires.
Non seulement les otaries ne changèrent rien à leurs habitudes mais elles
menèrent avec les nouveaux venus, une vie commune très étroite.
Durant tout le séjour de cette équipe cinéma n° 1, les otaries sont
restées couchées contre les parois de la tente. Aux heures chaudes de la
journée, l’une d’entre elles s’installait, pour trouver de l’ombre, sous la table
où les cinéastes prenaient leur repas et ceux-ci posaient sans façon leurs
pieds sur elle, tout en déjeunant ou en dînant.
Cette amitié que les otaries ont témoignée aux hommes semblait tout
à fait désintéressée : pendant toute la durée de ce camp 1, elles n’ont jamais
accepté la moindre nourriture ni même l’offrande d’un poisson vivant. Tout
ce qu’elles souhaitaient, c’était de vivre parmi les plongeurs, et souvent de
se baigner avec eux.
Des êtres uniques au monde
Le thème principal du film que devaient tourner Michel Deloire et
Jacques Renoir, concernait avant tout les iguanes marins. L’emplacement
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