28 TROIS AVENTURES DE LA CALYPSO
Juste avant de quitter l’Angleterre, il avait passé son examen de
Bachelor of Arts. Il se destinait d’abord à la médecine puis se prépara
à devenir pasteur, mais il avait une prédilection marquée pour toutes les
sciences naturelles. Il appartenait à une famille et à un milieu où la foi
protestante était vive mais où l’on était loin de se montrer conformiste. Il
est probable qu’avant même de prendre passage à bord du Beagle, le jeune
Darwin avait pressenti que la stabilité des espèces animales et végétales,
telle que la conçoit la Bible et telle qu’on l’enseignait à son époque, ne
répondait sans doute pas à la réalité des faits. Mais théologien scrupuleux,
il tenait à confronter ses idées avec les exemples que pouvait lui fournir la
nature elle-même et le voyage du Beagle était pour cela la meilleure des
occasions.
Les escales qu’avait faites le navire tout au long des côtes d’Amérique
du Sud lui avaient permis de faire des observations qui ne contredisaient
pas les théories qui lentement se formaient dans son esprit. Mais ce que
Charles Darwin devait découvrir aux îles Galapagos, allait le convaincre
définitivement des possibilités de variations qu’offrent les animaux et les
plantes. Lui-même a écrit : « Les faits concernant les espèces de cet archipel
sont à l’origine de toutes mes vues. »
Deux espèces apportèrent principalement à Darwin des arguments pour
étayer ses idées : il s’agit d’abord des iguanes dont la survivance, l’aspect
étrange, les couleurs différentes ne pouvaient pas manquer de retenir l’attention d’un observateur tel que lui. D’autre part, il s’attacha particulièrement
à l’étude des pinsons qui aujourd’hui portent son nom, soulignant le fait
que dans chaque île, ces oiseaux présentent des diversités dans la forme ou
le développement de leur bec, diversités qui correspondent à leur genre de
vie et surtout à leur mode de nourriture. Il y avait donc eu adaptation
aux conditions locales : certains de ces oiseaux se nourrissent de graines,
d’autres vont même jusqu’à chercher à s’alimenter en déchiquetant les feuilles
de cactus hérissées d’épines. Tout cela, au long des siècles, avait entraîné
l’apparition de variétés de pinsons qui s’étaient armés, dans chaque île,
pour mieux survivre aux conditions imposées par la nature. C’était pour
Darwin la confirmation même de sa thèse sur « l’évolution des espèces ».
Pour expliquer la complexité de la faune des Galapagos, il faut savoir
que tout l’archipel occupe une situation particulière en raison de sa position
sur la côte Pacifique. En effet, ce système volcanique s’élève au point de
rencontre des courants marins chauds venus du Nord, notamment celui
qu’on appelle « El Nino », et du courant froid venu du Sud-Est, le courant
de Humboldt. Ce mélange des eaux chaudes et froides entraîne d’importantes conséquences sur la faune et la flore.
Juste avant de quitter l’Angleterre, il avait passé son examen de
Bachelor of Arts. Il se destinait d’abord à la médecine puis se prépara
à devenir pasteur, mais il avait une prédilection marquée pour toutes les
sciences naturelles. Il appartenait à une famille et à un milieu où la foi
protestante était vive mais où l’on était loin de se montrer conformiste. Il
est probable qu’avant même de prendre passage à bord du Beagle, le jeune
Darwin avait pressenti que la stabilité des espèces animales et végétales,
telle que la conçoit la Bible et telle qu’on l’enseignait à son époque, ne
répondait sans doute pas à la réalité des faits. Mais théologien scrupuleux,
il tenait à confronter ses idées avec les exemples que pouvait lui fournir la
nature elle-même et le voyage du Beagle était pour cela la meilleure des
occasions.
Les escales qu’avait faites le navire tout au long des côtes d’Amérique
du Sud lui avaient permis de faire des observations qui ne contredisaient
pas les théories qui lentement se formaient dans son esprit. Mais ce que
Charles Darwin devait découvrir aux îles Galapagos, allait le convaincre
définitivement des possibilités de variations qu’offrent les animaux et les
plantes. Lui-même a écrit : « Les faits concernant les espèces de cet archipel
sont à l’origine de toutes mes vues. »
Deux espèces apportèrent principalement à Darwin des arguments pour
étayer ses idées : il s’agit d’abord des iguanes dont la survivance, l’aspect
étrange, les couleurs différentes ne pouvaient pas manquer de retenir l’attention d’un observateur tel que lui. D’autre part, il s’attacha particulièrement
à l’étude des pinsons qui aujourd’hui portent son nom, soulignant le fait
que dans chaque île, ces oiseaux présentent des diversités dans la forme ou
le développement de leur bec, diversités qui correspondent à leur genre de
vie et surtout à leur mode de nourriture. Il y avait donc eu adaptation
aux conditions locales : certains de ces oiseaux se nourrissent de graines,
d’autres vont même jusqu’à chercher à s’alimenter en déchiquetant les feuilles
de cactus hérissées d’épines. Tout cela, au long des siècles, avait entraîné
l’apparition de variétés de pinsons qui s’étaient armés, dans chaque île,
pour mieux survivre aux conditions imposées par la nature. C’était pour
Darwin la confirmation même de sa thèse sur « l’évolution des espèces ».
Pour expliquer la complexité de la faune des Galapagos, il faut savoir
que tout l’archipel occupe une situation particulière en raison de sa position
sur la côte Pacifique. En effet, ce système volcanique s’élève au point de
rencontre des courants marins chauds venus du Nord, notamment celui
qu’on appelle « El Nino », et du courant froid venu du Sud-Est, le courant
de Humboldt. Ce mélange des eaux chaudes et froides entraîne d’importantes conséquences sur la faune et la flore.
