L’EXPEDITION DU SCORPIO 239
Schéma de la grotte de Benjamin. A gauche la faille d'entrée, à droite la salle aux stalactites.
a plongé deux fois par jour. Mais chaque fois pendant un temps très bref,
car on ne peut descendre dans ce trou qu’à l’étale de basse mer ou à celle
de haute mer. On ne dispose que de vingt minutes pour toute la plongée.
Entièrement équipé, on attend que le trou cesse de bouillonner. On descend.
On a dix minutes pour atteindre la grotte et la filmer et une dizaine de
minutes pour remonter. Mais le plus souvent, quand on effectue les
40 minutes de paliers de décompression, la mer se remet à bouillonner.
En effet, les Bahamas constituent une véritable éponge et tout le système
se vide et se remplit selon la marée.
Il ne fallait pas espérer faire les paliers de décompression sur le platier
qui était trop près de la surface. Pour une plongée de 20 minutes à 55 mètres,
il faut effectuer un palier à 6 mètres et un autre à 3 mètres. On ne pouvait
donc les faire que dans l’entonnoir descendant vers le fond. Quand l’eau
sortait comme un fleuve hors de ce trou, il fallait s’accrocher au nylon et
flotter comme des drapeaux, durement secoués, avec le vide en dessous. Les
plongeurs ont failli se laisser prendre, mais c’était heureusement au moment
où le courant remontait à la surface et ils ont été éjectés comme des bouchons, mais sans mal. Ils ont dû finalement se déhaler vers le bas pour
attendre l’heure prévue pour la remontée.
Ce serait beaucoup plus grave si on se laissait surprendre dans le
boyau horizontal, par un courant contraire, car il est certain qu’on ne
pourrait pas le remonter.
Chaque soir, le Scorpio allait se mettre à quai dans une base angloaméricaine, car cet ensemble de récifs est le domaine de la marine des EtatsUnis. C’est là notamment que se situe l’activité de l’A.U.T.E.C. (Atlantic
Undersea Test and Evaluation Center) qui fait des essais en mer de torpilles
et aussi de sous-marins nucléaires. Le bruit d’un sous-marin quel qu il soit
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