230 TROIS AVENTURES DE LA CALYPSO
murs, des spirographes* aux aigrettes toujours prêtes à s’escamoter, des
alcyoniaires* qui sont des coraux mous roses ou verts. Enfin, à la sortie
de la grotte, tout le tombant est couvert de belles gorgones pourpres.
Un requin marteau se tenait presque toujours dans les parages mais
il ne s’est jamais beaucoup soucié de nous.
Je voulais filmer ce puits coudé dont la forme est si exceptionnelle.
Nous n’avions rien vu d’analogue parmi tous les trous bleus d’Andros ni
dans toutes les grottes sous-marines que nous avions pu visiter auparavant.
Son plus grand attrait résidait dans cette lumière bleue qui inondait l’étroit
passage et qui favorisait une grande richesse de vie marine.
Malheureusement, ce décor extraordinaire que Benjamin appelait « un
trou dans le mur » ne commençait qu’à une trentaine de mètres de la
surface. Il allait falloir amener jusque-là nos câbles, nos lampes, les faire
descendre plus bas encore jusqu’à 50 ou 60 mètres et nous avions déjà manié
et transporté beaucoup de matériel lourd. J’ai pensé que le plus simple
serait de tenter de faire passer dans le puits une des soucoupes plongeantes.
C’était un peu risqué parce que le couloir est étroit, le coude terminal très
brusque, et que la soucoupe risquait de s’y coincer. J’ai tout de même voulu
tenter l’aventure car, grâce à la soucoupe, nous pouvions filmer en nous
servant des deux caméras qu’elle a à son bord et nous disposions de la
lumière de ses projecteurs.
C’était là un emploi tout à fait insolite de l’une de nos puces car en
principe elles ne sont pas faites pour descendre aux faibles profondeurs
que peuvent atteindre les plongeurs ni pour se risquer dans les gouffres.
En tout cas, l’expérience nous tentait par son apparence acrobatique.
Elle allait exiger de notre engin la mise en œuvre de toutes ses possibilités
manœuvrières.
Je comptais d’ailleurs beaucoup sur l’appui des plongeurs qui accompagneraient la soucoupe et la guideraient aux passages les plus étroits et
les plus difficiles.
Une équipe de cinéma devait évoluer autour de l’engin pour filmer
son exploit et en montrer la difficulté. C’est notre meilleur pilote, Albert
Falco, qui s’est mis aux commandes de la soucoupe plongeante et l’a amenée
à 30 mètres de fond juste au-dessus de la cheminée qu’il fallait descendre
sans trop la ramoner.
Tout autour, les plongeurs et les cinéastes s’efforçaient soit de diriger
Falco par gestes, soit de pousser ou de tirer la soucoupe pour qu’elle passe
par l’ouverture. Ils purent s’apercevoir alors que dans le passage il ne restait
guère d’espace entre l’engin et les parois rocheuses de ce conduit presque
parfaitement cylindrique.
murs, des spirographes* aux aigrettes toujours prêtes à s’escamoter, des
alcyoniaires* qui sont des coraux mous roses ou verts. Enfin, à la sortie
de la grotte, tout le tombant est couvert de belles gorgones pourpres.
Un requin marteau se tenait presque toujours dans les parages mais
il ne s’est jamais beaucoup soucié de nous.
Je voulais filmer ce puits coudé dont la forme est si exceptionnelle.
Nous n’avions rien vu d’analogue parmi tous les trous bleus d’Andros ni
dans toutes les grottes sous-marines que nous avions pu visiter auparavant.
Son plus grand attrait résidait dans cette lumière bleue qui inondait l’étroit
passage et qui favorisait une grande richesse de vie marine.
Malheureusement, ce décor extraordinaire que Benjamin appelait « un
trou dans le mur » ne commençait qu’à une trentaine de mètres de la
surface. Il allait falloir amener jusque-là nos câbles, nos lampes, les faire
descendre plus bas encore jusqu’à 50 ou 60 mètres et nous avions déjà manié
et transporté beaucoup de matériel lourd. J’ai pensé que le plus simple
serait de tenter de faire passer dans le puits une des soucoupes plongeantes.
C’était un peu risqué parce que le couloir est étroit, le coude terminal très
brusque, et que la soucoupe risquait de s’y coincer. J’ai tout de même voulu
tenter l’aventure car, grâce à la soucoupe, nous pouvions filmer en nous
servant des deux caméras qu’elle a à son bord et nous disposions de la
lumière de ses projecteurs.
C’était là un emploi tout à fait insolite de l’une de nos puces car en
principe elles ne sont pas faites pour descendre aux faibles profondeurs
que peuvent atteindre les plongeurs ni pour se risquer dans les gouffres.
En tout cas, l’expérience nous tentait par son apparence acrobatique.
Elle allait exiger de notre engin la mise en œuvre de toutes ses possibilités
manœuvrières.
Je comptais d’ailleurs beaucoup sur l’appui des plongeurs qui accompagneraient la soucoupe et la guideraient aux passages les plus étroits et
les plus difficiles.
Une équipe de cinéma devait évoluer autour de l’engin pour filmer
son exploit et en montrer la difficulté. C’est notre meilleur pilote, Albert
Falco, qui s’est mis aux commandes de la soucoupe plongeante et l’a amenée
à 30 mètres de fond juste au-dessus de la cheminée qu’il fallait descendre
sans trop la ramoner.
Tout autour, les plongeurs et les cinéastes s’efforçaient soit de diriger
Falco par gestes, soit de pousser ou de tirer la soucoupe pour qu’elle passe
par l’ouverture. Ils purent s’apercevoir alors que dans le passage il ne restait
guère d’espace entre l’engin et les parois rocheuses de ce conduit presque
parfaitement cylindrique.
