218 TROIS AVENTURES DE LA CALYPSO
manœuvres nombreuses et périlleuses pour amener la Calypso au centre
d’un gigantesque trou bleu. En revanche, l’emploi d’un matériel, même
lourd, était relativement aisé, puisque la Calypso était ancrée à la verticale
même de la grotte immergée.
Ici, en revanche, il faut transporter jusqu’à l’intérieur des terres tous
nos accessoires et d’après les premières expériences que nous avons faites,
c’est une besogne harassante. Car ces centaines de trous ne sont pas seulement éparpillés le long du récif corallien, certains sont situés assez loin du
rivage.
J’avais prévu cette difficulté et nous avions à bord de la Calypso un
engin embarqué pour la première fois et qui était adapté à l’exploration
aussi bien terrestre que sous-marine. En effet, en plus des scooters, des
sous-marins humides, des soucoupes plongeantes, nous disposions d’une
petite voiture amphibie qui doit faciliter le transport à terre de tous les
accessoires dont nous avons besoin.
Mission tous terrains
Une des équipes commandée par Falco quitte le bateau dans cette
nouvelle voiture amphibie : une chapparal*. Le véhicule aborde le platier et
s’y engage en cahotant. Mais le corail est si dense et si régulier que malgré
toutes les manœuvres, Falco, Raymond Coll et Louis Prézelin doivent se
mettre à l’eau pour guider la voiture sur des centaines de mètres où se
succèdent des trous et des pointes hérissées des coraux qui commencent
déjà à imposer une dure épreuve aux pneus de notre engin amphibie.
Après avoir franchi le rideau de palétuviers, la chapparal alourdie par
tout le matériel de tournage, accoste sur le rivage : langue de sable où les
roues s’enfoncent, marais d’eau saumâtre, piquetée çà et là d’une herbe
pauvre.
Ces îles des Bahamas et notamment Andros ne sont pas très attrayantes.
Pourtant les arbres y poussent assez bien, mais par une curieuse inconséquence les habitants mettent systématiquement le feu à la végétation.
Chemin faisant, l’équipe trouve encore des cendres et des feux rougeoyants
allumés un peu partout.
L’île est infestée de taons qui viennent nous piquer jusqu’en pleine
mer. Leur piqûre est vraiment douloureuse. Aux Bahamas on les appelle
« Doctor fly ». D’autres insectes presque invisibles s’attaquent aussi à nous :
ce sont les « seen sawn ». Expression qu’on peut traduire par « tu vois, tu
as vu ».
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