10
quand l’eau bouillonne
DES EMPREINTES DE GÉANTS — DES PUITS INQUIÉTANTS
DANS LES COULOIRS OBSCURS
LE MONDE A L’ENVERS DES LUTJANS
UN COLLECTIONNEUR DE TROUS BLEUS
LA GROTTE DE BENJAMIN
Je survole dans un avion léger un bien étrange décor. Impossible de
savoir ce qui est de l’eau, de la terre et du corail. Le ciel et la mer s’enveloppent d’une clarté blanche et vaporeuse. Parfois le corail hérisse ses
pointes au-dessus de la surface. Un couloir bleu sombre dessine une veine
puis se perd dans le vert clair. Des taches rondes presque noires dans tout
cet azur marquent l’emplacement de trous profonds d’un faible diamètre. Je
survole les Bahamas, cherchant le lieu idéal de notre prochaine expédition.
Ici comme au British Honduras, il y a des trous bleus, mais ils sont beaucoup plus nombreux, beaucoup plus petits et d’un accès qui m’apparaît
vraiment difficile.
Vue d’avion, la couleur bleu sombre de ces puits révèle leur profondeur.
Une des premières questions que je me pose est de savoir si ces trous
sont reliés entre eux et communiquent par des couloirs souterrains immergés.
En fait, ici, aux Bahamas, l’exploration des « trous bleus » s’annonce
très différente de celle que nous avons faite dans l’unique trou bleu du récif
du Phare.
Nous avons déjà imposé à la Calypso un voyage hasardeux sur le
plateau de l’île du Phare, mais qu’est-ce que ce sera ici, dans ce monde
Précédent

- 196/305

Suivant