194 TROIS AVENTURES DE LA CALYPSO
grands mammifères marins, je serais enchanté d’en trouver dans cette région.
J’envoie aux nouvelles Jean-Paul Bassaget et Michel Deloire. Hélas, la présence des dugongs semble des plus douteuses. Les derniers ont été aperçus
il y a douze ans. Nous n’avons pas plus de chance avec eux qu’avec les
alligators.
Nous rapportions du trou bleu les trophées géologiques qui avaient
exigé des plongeurs un dur travail. La plus grande des stalactites a été
remise au Laboratoire Océanographique de Miami où le Dr Ginsburg l’a
coupée verticalement et horizontalement avec des moyens beaucoup plus
efficaces que les nôtres. Ce qu’il a trouvé de plus extraordinaire ce sont
de minces couches de boue prises dans la masse de la stalactite et qui renferment des fossiles marins. Ces vases n’ont pu s’accumuler que lorsque la
grotte a été submergée. Elles étaient alors parfaitement horizontales comme
le serait un niveau d’eau. Mais maintenant elles forment un angle d’environ
15° avec l’axe de la stalactite.
Mais toutes les stalactites n’étaient pas inclinées ; certaines d’entre
elles, nous avons pu le vérifier, étaient rigoureusement verticales. Celles-là
ont cessé de se former il y a environ 12 000 ans, lorsque le niveau de la
mer a monté. Par notre expédition au trou bleu du récif du Phare, nous
avons apporté la preuve qu’il s’est produit un bouleversement du sol qui a
été suivi d’une période de stabilité.
Bob Dill est persuadé que cette inclinaison du récif correspond à un
déplacement de la croûte terrestre. En effet, le British Honduras est situé
au nord de la fosse de Cayman qui constitue une cassure importante entre
l’Amérique du Nord et l’Amérique du Sud. Il y a probablement une dérive
qui écarte les deux Amériques, comme la dérive qui écarte les Amériques
de l’Eurafrique, ce dont témoignent les bouleversements survenus dans le
gouffre, et cette agitation géologique a été suivie d’une période de stabilité
qui a duré pendant les 12 000 dernières années.
Notre petit morceau de rocher est donc un témoin capital qui peut
permettre de mieux comprendre la dérive des continents dans cette région.
Nous avons offert la deuxième stalactite au gouvernement du British
Honduras qui doit en faire un monument sur une place publique de Bélize.
Un autre fragment a été remis par moi au Laboratoire de faible radioactivité de Gif-sur-Yvette.
grands mammifères marins, je serais enchanté d’en trouver dans cette région.
J’envoie aux nouvelles Jean-Paul Bassaget et Michel Deloire. Hélas, la présence des dugongs semble des plus douteuses. Les derniers ont été aperçus
il y a douze ans. Nous n’avons pas plus de chance avec eux qu’avec les
alligators.
Nous rapportions du trou bleu les trophées géologiques qui avaient
exigé des plongeurs un dur travail. La plus grande des stalactites a été
remise au Laboratoire Océanographique de Miami où le Dr Ginsburg l’a
coupée verticalement et horizontalement avec des moyens beaucoup plus
efficaces que les nôtres. Ce qu’il a trouvé de plus extraordinaire ce sont
de minces couches de boue prises dans la masse de la stalactite et qui renferment des fossiles marins. Ces vases n’ont pu s’accumuler que lorsque la
grotte a été submergée. Elles étaient alors parfaitement horizontales comme
le serait un niveau d’eau. Mais maintenant elles forment un angle d’environ
15° avec l’axe de la stalactite.
Mais toutes les stalactites n’étaient pas inclinées ; certaines d’entre
elles, nous avons pu le vérifier, étaient rigoureusement verticales. Celles-là
ont cessé de se former il y a environ 12 000 ans, lorsque le niveau de la
mer a monté. Par notre expédition au trou bleu du récif du Phare, nous
avons apporté la preuve qu’il s’est produit un bouleversement du sol qui a
été suivi d’une période de stabilité.
Bob Dill est persuadé que cette inclinaison du récif correspond à un
déplacement de la croûte terrestre. En effet, le British Honduras est situé
au nord de la fosse de Cayman qui constitue une cassure importante entre
l’Amérique du Nord et l’Amérique du Sud. Il y a probablement une dérive
qui écarte les deux Amériques, comme la dérive qui écarte les Amériques
de l’Eurafrique, ce dont témoignent les bouleversements survenus dans le
gouffre, et cette agitation géologique a été suivie d’une période de stabilité
qui a duré pendant les 12 000 dernières années.
Notre petit morceau de rocher est donc un témoin capital qui peut
permettre de mieux comprendre la dérive des continents dans cette région.
Nous avons offert la deuxième stalactite au gouvernement du British
Honduras qui doit en faire un monument sur une place publique de Bélize.
Un autre fragment a été remis par moi au Laboratoire de faible radioactivité de Gif-sur-Yvette.
