Bob Dill mesure la stalactite, entouré par l'équipe qui vient de la remonter.
Lorsque la grue déposa notre trophée sur la plage arrière de la Calypso,
l’objet nous parut bien encombrant. Il tenait tout à coup sur notre bateau
une place énorme. Bob Dill n’en voulait pas tant, il ne cessait de répéter :
«Je n’ai pas demandé tout cela, un petit morceau me suffisait. »
La difficulté était justement d’en couper une partie et d’étudier la
tranche de la stalactite car elles sont comme les arbres, composées de
couches successives.
Malheureusement, à bord de la Calypso où il y a pourtant un matériel
considérable, nous ne possédions pas de scie capable de couper la pierre.
On ne peut pas tout prévoir.
Nous y avons suppléé par un dispositif très improvisé mais efficace.
Au bout d’un mince câble d’acier enroulé sur le treuil, nous avons fixé de
lourdes gueuses de fonte plongées dans la mer. Le treuil virait, le câble
frottait sur la stalactite, puis le treuil dévirait et les gueuses l’entraînaient.
Tout cela aboutissait à un va-et-vient capable d’entamer la pierre, mais
lentement. Nous pensions en finir en quelques heures mais l’opération,
commencée l’après-midi, ne se termina que vers deux heures du matin.
Notre dispositif de sciage avait surtout l’inconvénient de chauffer
énormément. Il entamait bien la pierre mais le câble s’usait et nous dûmes
faire débiter la pompe à eau sur l’endroit où nous prétendions scier la
tranche, à la fois pour enlever les déchets et refroidir notre système qui
était bien primitif.
En pleine nuit, lorsque l’opération a été enfin terminée, Bob Dill s’est
précipité avec l’espoir de Ere sur la tranche de cette stalactite toute l’histoire
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