LES SECRETS D’UNE STALACTITE 179
nons de nouvelles recherches qui confirment ce qu’une première exploration
nous à déjà appris.
Tout d’abord, au voisinage de la surface, le trou bleu commence par
une paroi verticale de 3 à 4 mètres qui est entièrement couverte par une
couronne luxuriante de coraux et de gorgones. Cette bordure vivante fait
tout le tour de l’ouverture du gouffre à l’exception de deux zones sans
madrépore, larges d’une vingtaine de mètres, au nord et à l’est.
A partir de 4 mètres de fond, une pente douce à 15° rejoint le mur
vertical à une profondeur de 15 mètres au nord et de 18 mètres au sud.
Cette différence entre les deux parois a tout de suite paru d’une importance
capitale à Bob Dill. Elle l’a mis sur la voie d’une constatation géologique
décisive : l’ensemble de la grotte aurait basculé à une époque lointaine.
Dans toute cette région située au sommet du trou bleu, on peut voir
des têtes de coraux, longues parfois de 3 mètres, mêlées à des éponges, à
des algues coralliennes et à des gorgones. Les poissons broutent ce corail
qu’ils désagrègent en débris de sable qui dévalent le long de petits chenaux.
Le mur presque vertical qui débute à 15 mètres est beaucoup moins
riche en animaux fixés : il est cependant couvert de plaques d’algues
calcaires et on y trouve surtout quelques gorgones. Ce mur descend jusqu’à
une profondeur de 30 mètres environ, ensuite, le gouffre s’élargit et forme
une vaste caverne dont le plafond présente une pente à 55°.
Des saillies horizontales ainsi que de petites grottes ont été repérées
à deux niveaux : à 22 mètres et à 50 mètres.
Toutes ces constatations confirment ce que nous savions déjà : il s’agit
d’un gouffre d’origine karstique* creusé à une époque où le niveau marin
se situait au-dessous de 125 mètres, profondeur maximum du gouffre. Le
plafond s’est effondré, dessinant à la surface du récif le « trou bleu ».
Plus récemment, la remontée des eaux a submergé le récif mais a marqué des temps d’arrêt qui correspondent aux saillies observées à 90 mètres,
à 50 mètres et à 20 mètres. De telles structures sont connues dans les
plates-formes calcaires du Yucatan où elles sont appelées des « Cenotes »*.
Des stalactites inclinées
A partir de 30 mètres, le gouffre forme une vaste caverne dont le
plafond présente une pente très accentuée. C’est vers 50 mètres que se
situe la grotte aux stalactites dans laquelle nous avons plongé une première
fois et dont nous avons fait l’examen détaillé avec Bob Dill.
Précédent

- 180/305

Suivant