UN CLOITRE ENGLOUTI 171
Nous jouons à monter le long de ces colonnes ou à nous cacher
derrière. C’est cette taille des stalactites qui contribue surtout à évoquer le
gouffre de Padirac.
Notre géologue Bob Dill remonte de sa plongée dans un étrange état
d’excitation. Il s’agite sur la plage arrière de la Calypso sans prendre le
temps de changer la bizarre tenue avec laquelle il descend dans l’eau :
chandail rouge, short à fleurs et chaussettes noires. Il raconte à tout le
monde ce qu’il vient de découvrir. Il peut à peine contenir son enthousiasme,
car il a vu ce qu’aucun savant n’a jamais observé avant lui ! Ces formations
sont des stalactites — mais elles sont sous la mer ! C’est la preuve indubitable que cette ancienne grotte était jadis au-dessus du niveau de la mer,
car les stalactites ne peuvent se former qu’à l’air. A la fin des âges glaciaires,
la mer en montant a rempli et recouvert la grotte, puis son plafond s’est
effondré, créant ainsi le trou bleu.
120 mètres de profondeur
Le lendemain, je fais mettre à l’eau les deux soucoupes plongeantes
pour atteindre dans le trou bleu les profondeurs inaccessibles aux plongeurs.
André Laban prend place dans l’une et Albert Falco pilote la seconde.
A 50 mètres de fond, Falco repère sur la paroi de la grotte une longue
saillie qu’il inspecte soigneusement. Elle est presque horizontale et large
d’environ un mètre. Puis il avertit par téléphone la Calypso.
Bob Dill descend inspecter à son tour cette remarquable formation
géologique. Lorsqu’il remonte, il nous explique qu’il s’agit d’un « trottoir*
fossile » qui marque l’emplacement d’un très ancien niveau marin situé
plus bas encore que la grotte explorée par les plongeurs.
La présence des stalactites dans cette cavité à mi-hauteur du gouffre
indique qu’elle a été jadis au-dessus du niveau de la mer.
Les deux soucoupes plongeantes continuent leur descente au plus bas
du gouffre.
Vers 80 mètres, Laban observe une différence dans la qualité de l’eau.
Jusque-là, elle est très claire, mais vers 80 mètres, elle devient trouble :
c’est dû probablement à une fermentation bactérienne. Il y a des poissons
à l’étage au-dessus, mais pas au-delà de 80 mètres. L’eau est certainement
sulfureuse. Certaines pièces des soucoupes ont été noircies et il est resté
dans certains organes une eau qui sentait l’hydrogène sulfuré. Ce qui prouve
d’ailleurs qu’il n’y a pas de courant, pas de communication entre le fond de
Nous jouons à monter le long de ces colonnes ou à nous cacher
derrière. C’est cette taille des stalactites qui contribue surtout à évoquer le
gouffre de Padirac.
Notre géologue Bob Dill remonte de sa plongée dans un étrange état
d’excitation. Il s’agite sur la plage arrière de la Calypso sans prendre le
temps de changer la bizarre tenue avec laquelle il descend dans l’eau :
chandail rouge, short à fleurs et chaussettes noires. Il raconte à tout le
monde ce qu’il vient de découvrir. Il peut à peine contenir son enthousiasme,
car il a vu ce qu’aucun savant n’a jamais observé avant lui ! Ces formations
sont des stalactites — mais elles sont sous la mer ! C’est la preuve indubitable que cette ancienne grotte était jadis au-dessus du niveau de la mer,
car les stalactites ne peuvent se former qu’à l’air. A la fin des âges glaciaires,
la mer en montant a rempli et recouvert la grotte, puis son plafond s’est
effondré, créant ainsi le trou bleu.
120 mètres de profondeur
Le lendemain, je fais mettre à l’eau les deux soucoupes plongeantes
pour atteindre dans le trou bleu les profondeurs inaccessibles aux plongeurs.
André Laban prend place dans l’une et Albert Falco pilote la seconde.
A 50 mètres de fond, Falco repère sur la paroi de la grotte une longue
saillie qu’il inspecte soigneusement. Elle est presque horizontale et large
d’environ un mètre. Puis il avertit par téléphone la Calypso.
Bob Dill descend inspecter à son tour cette remarquable formation
géologique. Lorsqu’il remonte, il nous explique qu’il s’agit d’un « trottoir*
fossile » qui marque l’emplacement d’un très ancien niveau marin situé
plus bas encore que la grotte explorée par les plongeurs.
La présence des stalactites dans cette cavité à mi-hauteur du gouffre
indique qu’elle a été jadis au-dessus du niveau de la mer.
Les deux soucoupes plongeantes continuent leur descente au plus bas
du gouffre.
Vers 80 mètres, Laban observe une différence dans la qualité de l’eau.
Jusque-là, elle est très claire, mais vers 80 mètres, elle devient trouble :
c’est dû probablement à une fermentation bactérienne. Il y a des poissons
à l’étage au-dessus, mais pas au-delà de 80 mètres. L’eau est certainement
sulfureuse. Certaines pièces des soucoupes ont été noircies et il est resté
dans certains organes une eau qui sentait l’hydrogène sulfuré. Ce qui prouve
d’ailleurs qu’il n’y a pas de courant, pas de communication entre le fond de
