UN CLOITRE ENGLOUTI 163
devaient nous servir de repère. Certes la précision de tout cela n’était pas
absolue, mais ces dispositifs devaient suffire pour nous permettre de franchir
sans encombre le plateau de corail.
Nous avions d’ailleurs mené à bien une opération aussi difficile sur
le banc d’Argent lorsque nous avions essayé de récupérer le trésor de
Nuestra Senora de la Conception (1).
C’est Albert Falco qui a assuré l’installation des bouées en plastique
jalonnant la route que nous devons suivre : elles sont jaunes, pour le côté
gauche du chenal, et rouges pour le côté droit. De plus, l’équipe des plongeurs a repéré et peut nous signaler à l’avance la forme et l’importance
des obstacles que nous aurons à contourner au cours de ce trajet de
12 kilomètres. Au total, l’équipe de Falco a largué 32 bouées. En prévision
des tempêtes soudaines qui peuvent nous obliger à traverser le récif en
pleine nuit, nous mouillons des bouées lumineuses à tous les mauvais
passages du chenal.
Deux officiers de pont, Yves de Pimodan et Laval, portent sur la carte
la route que doit suivre la Calypso et ils marquent avec précision l’emplacement de chaque bouée.
Le passage et la carte ayant été ainsi soigneusement préparés, je
discute avec notre capitaine, Jean-Paul Bassaget, de la manœuvre que nous
allons accomplir. Certes, nous ne pourrons pas éviter tous les risques, mais
je tiens à ce que les obstacles que la Calypso trouvera devant elle aient été
relevés et étudiés de telle manière que les dangers soient réduits au minimum.
La Calypso quitte enfin son mouillage et précédée par deux chalands,
elle franchit le tombant du récif et passe sur le plateau de corail.
Par un surplus de précaution, un zodiac part rejoindre les chalands :
il transporte à son bord plusieurs plongeurs, notamment Yves Orner, qui
pourront se jeter à l’eau pour mieux apprécier les fonds auxquels la Calypso
risque de se heurter.
Nous avons en outre dans le faux-nez un observateur, Raymond Coll,
qui suit la route sous l’eau, à 2,50 m de la ligne de flottaison. Il nous
annonce que le fond est sableux tandis que défilent de chaque côté de la
coque des parois et des têtes de coraux. Le début du voyage semble encourageant, mais dans la chambre d’observation notre camarade ne nous cache
pas qu’il est épouvanté par la proximité du fond, qu’il voit monter devant
lui à toute vitesse. Il nous signale même qu’il aperçoit de véritables amoncellements de mollusques : des conques et des « lambies »*. Le coin est
(1) Voir Jacques-Yves Cousteau et Philippe Diolé : « Un trésor englouti », Flammarion
éditeur.
devaient nous servir de repère. Certes la précision de tout cela n’était pas
absolue, mais ces dispositifs devaient suffire pour nous permettre de franchir
sans encombre le plateau de corail.
Nous avions d’ailleurs mené à bien une opération aussi difficile sur
le banc d’Argent lorsque nous avions essayé de récupérer le trésor de
Nuestra Senora de la Conception (1).
C’est Albert Falco qui a assuré l’installation des bouées en plastique
jalonnant la route que nous devons suivre : elles sont jaunes, pour le côté
gauche du chenal, et rouges pour le côté droit. De plus, l’équipe des plongeurs a repéré et peut nous signaler à l’avance la forme et l’importance
des obstacles que nous aurons à contourner au cours de ce trajet de
12 kilomètres. Au total, l’équipe de Falco a largué 32 bouées. En prévision
des tempêtes soudaines qui peuvent nous obliger à traverser le récif en
pleine nuit, nous mouillons des bouées lumineuses à tous les mauvais
passages du chenal.
Deux officiers de pont, Yves de Pimodan et Laval, portent sur la carte
la route que doit suivre la Calypso et ils marquent avec précision l’emplacement de chaque bouée.
Le passage et la carte ayant été ainsi soigneusement préparés, je
discute avec notre capitaine, Jean-Paul Bassaget, de la manœuvre que nous
allons accomplir. Certes, nous ne pourrons pas éviter tous les risques, mais
je tiens à ce que les obstacles que la Calypso trouvera devant elle aient été
relevés et étudiés de telle manière que les dangers soient réduits au minimum.
La Calypso quitte enfin son mouillage et précédée par deux chalands,
elle franchit le tombant du récif et passe sur le plateau de corail.
Par un surplus de précaution, un zodiac part rejoindre les chalands :
il transporte à son bord plusieurs plongeurs, notamment Yves Orner, qui
pourront se jeter à l’eau pour mieux apprécier les fonds auxquels la Calypso
risque de se heurter.
Nous avons en outre dans le faux-nez un observateur, Raymond Coll,
qui suit la route sous l’eau, à 2,50 m de la ligne de flottaison. Il nous
annonce que le fond est sableux tandis que défilent de chaque côté de la
coque des parois et des têtes de coraux. Le début du voyage semble encourageant, mais dans la chambre d’observation notre camarade ne nous cache
pas qu’il est épouvanté par la proximité du fond, qu’il voit monter devant
lui à toute vitesse. Il nous signale même qu’il aperçoit de véritables amoncellements de mollusques : des conques et des « lambies »*. Le coin est
(1) Voir Jacques-Yves Cousteau et Philippe Diolé : « Un trésor englouti », Flammarion
éditeur.
