128 TROIS AVENTURES DE LA CALYPSO
avec conviction. Les uns montent des chevaux en carton ornes de fourchettes,
de cuillères, de n’importe quel accessoire brillant. D’autres se transforment
en un monstre empaillé qui se jette sur la foule épouvantée. La plupart
portent des masques. C’est un grouillement d oripeaux multicolores, de
coiffures empanachées, une foule dont le degré de frénésie monte sans cesse
alors qu’il semble, pour des Européens, avoir atteint son point culminant.
Les fanfares se relaient, mais les danseurs ne connaissent pas de répit dans
leur exaltation hallucinée.
La résistance de ces gens sous l’effet de l’alcool et de la cola est
stupéfiante : le lendemain à 6 heures ils dansaient encore. Enfin chaque
groupe partit pour son village lointain, entraîné par les flûtes et les
tambours.
La faune du lac
Les plongeurs ont commencé l’exploration du lac en profondeur,
descendant aussi bas qu’ils pouvaient. Ils aimaient bien ces séjours au fond
qui leur permettaient pendant un certain temps de respirer à une pression
normale.
La population des bords du lac était très effrayée par notre audace.
Elle croit en effet que ce lac sacré est un lieu de maléfices, de mystères et
de manifestations surnaturelles.
On nous a raconté à maintes reprises qu’à certains endroits, on entendait des cloches sonner dans la profondeur du lac ou bien que l’on pouvait
apercevoir des constructions immergées. Chaque fois nous avons plongé à
l’endroit qu’on nous indiquait et nous n’avons rien trouvé.
Ces plongées n’étaient pas toujours agréables. L’eau était sombre.
Dès qu’on la remuait, la vase montait en nuages compacts. Les plongeurs
avançaient parfois à travers des forêts d’algues serrées qu’ils devaient écarter
à pleins bras. Cet encombrement du fond du lac par la végétation et la
vase ne facilitait pas les recherches.
Falco découvrit par 20 mètres de fond, l’épave d’un petit vapeur coulé,
paraît-il, en 1942. Il ne faut pas s’en étonner car les tempêtes sont fréquentes
sur le lac. Mais il était étrange de constater que la coque qui devait bien
mesurer 2 mètres de haut ne dépassait plus que de 40 centimètres. La vase
avale tout.
Les plongeurs s’aperçurent que cette épave déjà ancienne était habitée
avec conviction. Les uns montent des chevaux en carton ornes de fourchettes,
de cuillères, de n’importe quel accessoire brillant. D’autres se transforment
en un monstre empaillé qui se jette sur la foule épouvantée. La plupart
portent des masques. C’est un grouillement d oripeaux multicolores, de
coiffures empanachées, une foule dont le degré de frénésie monte sans cesse
alors qu’il semble, pour des Européens, avoir atteint son point culminant.
Les fanfares se relaient, mais les danseurs ne connaissent pas de répit dans
leur exaltation hallucinée.
La résistance de ces gens sous l’effet de l’alcool et de la cola est
stupéfiante : le lendemain à 6 heures ils dansaient encore. Enfin chaque
groupe partit pour son village lointain, entraîné par les flûtes et les
tambours.
La faune du lac
Les plongeurs ont commencé l’exploration du lac en profondeur,
descendant aussi bas qu’ils pouvaient. Ils aimaient bien ces séjours au fond
qui leur permettaient pendant un certain temps de respirer à une pression
normale.
La population des bords du lac était très effrayée par notre audace.
Elle croit en effet que ce lac sacré est un lieu de maléfices, de mystères et
de manifestations surnaturelles.
On nous a raconté à maintes reprises qu’à certains endroits, on entendait des cloches sonner dans la profondeur du lac ou bien que l’on pouvait
apercevoir des constructions immergées. Chaque fois nous avons plongé à
l’endroit qu’on nous indiquait et nous n’avons rien trouvé.
Ces plongées n’étaient pas toujours agréables. L’eau était sombre.
Dès qu’on la remuait, la vase montait en nuages compacts. Les plongeurs
avançaient parfois à travers des forêts d’algues serrées qu’ils devaient écarter
à pleins bras. Cet encombrement du fond du lac par la végétation et la
vase ne facilitait pas les recherches.
Falco découvrit par 20 mètres de fond, l’épave d’un petit vapeur coulé,
paraît-il, en 1942. Il ne faut pas s’en étonner car les tempêtes sont fréquentes
sur le lac. Mais il était étrange de constater que la coque qui devait bien
mesurer 2 mètres de haut ne dépassait plus que de 40 centimètres. La vase
avale tout.
Les plongeurs s’aperçurent que cette épave déjà ancienne était habitée
