CYTOPLASME ET ORGANITES CYTOPLASMIQUES
s’ajoute alors au constituant cellulosique de la membrane squelettique. Là encore,
il s'agit d'un processus de sécrétion, mais contrairement à ce qui se passe dans
le cas de l'acrosome, le produit de sécrétion ne reste pas dans la cellule. En
s’ouvrant à l’extérieur, les membranes des vésicules s’intégrent à la membrane
plasmique.
Les deux exemples que nous venons de décrire montrent qu’à l’intérieur des
saccules golgiens se concentrent des substances de nature glucidique, qui sont
ensuite exportées dans des vésicules. Des protéines peuvent également se concentrer au niveau des dictyosomes.
5.3.2. CONCENTRATION DE PROTEINES
La concentration d'enzymes dans les cavités des dictyosomes peut être mise en
évidence par les méthodes cytochimiques (Novikoff). La présence d’une forte
quantité de phosphatase acide dans les saccules et dans les vésicules de l’appareil
de Golgi laisse à penser que cet organite pourrait donner naissance aux grosses
vésicules remplies d'hydrolases rencontrées dans certaines cellules, et qui ont
été nommées lysosomes.
Dans les cellules acineuses du pancréas, on observe également que les grains de
zymogène (vésicules contenant de nombreuses enzymes à l'état concentré) sont
issus de l’appareil de Golgi (Palade, 1956); ces grains migrent vers la membrane
plasmique et leur contenu est ensuite rejeté dans la lumière de l’acinus (fig. 57).
Ces phénomènes de concentration au niveau de l'appareil de Golgi nous conduisent
à discuter l’origine des substances ainsi concentrées; sont-elles synthétisées sur
place, ou viennent-elles d'autres régions de la cellule? Des études autoradiographiques apportent la solution de ce problème.
5.3.3. SYNTHESE DE POLYHOLOSIDES
Les études faites par autoradiographie montrent qu’au niveau de l'appareil de
Golgi s'effectuent des synthèses de polysaccharides et de mucopolysaccharides.
On peut le montrer par exemple dans les cellules à mucus de l'épithélium duodénal
(cellules dites caliciformes, car elles ont la forme de coupes). Ces cellules sécrètent
des grains de mucus riches en mucoprotéines qui se forment par bourgeonnement
des saccules golgiens. En injectant à un rat du glucose marqué au tritium, on constate, après une heure environ, que la radioactivité se retrouve concentrée tout
d'abord au niveau de l'appareil de Golgi. Un peu plus tard, la radioactivité
est mise en évidence dans les grains de mucus. Ces résultats permettent d’affirmer
qu'il y a eu synthèse de polymères du glucose, ou de ses dérivés, dans l’appareil
de Golgi (Leblond, 1963).
En faisant le même type d’expérience, mais en injectant du sulfate de sodium
marqué au 35S, on voit que la radioactivité se localise dans les cellules à mucus,
d’abord dans les dictyosomes, puis dans les grains de mucus. Ceci signifie qu’à
la synthèse de polysaccharides démontrée par l’expérience précédente, s’ajoute
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