CELLULES ET VIRUS
La maturation est très comparable chez tous les virus à enveloppe, qu’ils soient
à ARN comme le virus grippal où à ADN comme le virus de l’herpès; celle
du virus grippal, à la surface de la cellule infectée, entraîne un certain nombre
de conséquences. L’étalement dans le temps de la libération des virions en est
une. Ceux-ci sont libérés au fur et à mesure de leur assemblage, sans qu’il y ait
lyse de la cellule pour autant, la durée de la période de libération peut donc être
assez considérable. L’incorporation de molécules codées par la cellule-hôte
dans l’enveloppe du virion en est une autre. La constitution antigénique du virion,
dans le cas des virus à enveloppe, dépend très fréquemment de la cellule-hôte.
4. Quelques aspects particuliers de la biologie des virus
Virus oncogènes 4.1.
La prolifération des cellules d’un organisme sain et leur ordonnancement, les
unes par rapport aux autres, sont soumis à des règles relativement rigoureuses
dont l’embryologie nous montre de nombreux exemples. Mais dans certains
cas, l’équilibre ainsi réalisé est rompu et on observe une prolifération continue
et anarchique de certaines cellules qui constituent alors des tumeurs.
4.1. 1. PROLIFERATION CELLULAIRE NORMALE ET PROCESSUS TUMORAUX
Si l’on met en culture des cellules normales de poulet, par exemple, on constate
qu’elles se multiplient rapidement, mais dès que le tapis cellulaire devient continu,
c’est-à-dire, dès que les cellules viennent à se toucher les unes les autres, toute
division s’arrête. C’est ce que l’on appelle l'inhibition de contact.
Prenons maintenant des cellules d’une tumeur de poulet, le sarcome de Rous,
que nous aurons maintes fois l’occasion de mentionner. Ces cellules en culture
se multiplient sans limite; quand le tapis vient à être continu, elles poursuivent
leurs divisions et donnent des massifs de cellules qui s’empilent. Ces cellules
ne présentent pas d’inhibition de contact. Ce changement dans les propriétés
de la membrane cellulaire est l’une des caractéristiques essentielles des cellules
tumorales.
La prolifération des cellules tumorales peut être relativement limitée, on parle
alors de tumeur bénigne. Dans d’autres cas, cette prolifération est illimitée; elle
est souvent accompagnée de migrations de cellules tumorales, qui essaiment dans
tout l’organisme ce qui entraîne la formation de tumeurs secondaires, ou métastases. On parle alors de tumeur maligne.
On a pu prouver que dans un certain nombre de cas, la conversion de cellules
saines en cellules tumorales était liée à l’infection par un virus. Un tel virus est
dit oncogène.
4.12. EXEMPLE DE VIRUS ONCOGENE : VIRUS DU SARCOME DE ROUS
On rencontre chez certains poulets, des tumeurs malignes du tissu conjonctif
(sarcome).
L’une d’entre elles, le sarcome de Rous, est due à un virus; si l’on broie en effet
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