UN VIRUS ANIMAL : LE VIRUS GRIPPAL
des premiers constituants du virion. Ils peuvent être repérés grâce à leurs propriétés
antigéniques, et même localisés dans la cellule par la technique d’immunofluorescence.
Grâce à cette technique on constate que les synthèses des deux antigènes principaux du virus grippal, l’antigène profond nucléoprotéique et l’antigène périphérique hémagglutinant (nous l’appellerons désormais hémagglutinine), se
déroulent de façon indépendante et, de plus, en des sites cellulaires différents.
On suppose que le constituant ribonucléoprotéique s’élabore dans le noyau
(1 fig. 165), s’y accumule, puis passe progressivement dans le cytoplasme en migrant vers la périphérie cellulaire. L'hémagglutinine apparaît dans le cytoplasme
et va ensuite se localiser à la surface de la cellule (1 et 2 fig. 165).
A côté de ces éléments doués de propriétés antigéniques, existent d’autres constituants qui n’en présentent pas. L’étude de leur élaboration est plus difficile,
il s’agit en effet, la plupart du temps, de constituants existant dans la cellule
normale. On a pu néanmoins montrer, à l’aide de méthodes indirectes, que pour
certains d’entre eux; comme les lipides, il n’y a aucune synthèse spéciale, lors de
l’infection virale, et qu’ils sont purement et simplement prélevés parmi les lipides
existant dans la cellule.
Le fait que l’acide nucléique du virus grippal soit de l’acide ribonucléique pose
un certain nombre de problèmes;
Il est, d’une part, hors de doute que l’acide ribonucléique est ici porteur d’information génétique. Le déroulement de cette première phase de l’infection prouve
qu’une cellule est capable d’assimiler cette information et d’y répondre par une
synthèse de macromolécules. L’ARN viral jouerait le rôle d’ARN messager.
Cet ARN est, d’autre part, monocaténaire. Une réplique directe de cette chaîne
donnera une chaîne complémentaire, et non une chaîne identique. La duplication
de l’ARN viral s’effectue donc probablement en deux étapes, en passant par
un intermédiaire qui n’est autre que la chaîne complémentaire. Cette duplication
fait intervenir une structure spéciale où s’associent les deux types de chaînes et une
ARN polymerase (réplicase), le complexe réplicatif qui a été étudié dans le cas de
plusieurs virus à ARN comme le virus poliomyélitique par exemple (fig. 164).
Il se forme d’abord une chaîne complémentaire moulée sur la chaîne virale. Les
deux chaînes restent associées en une double chaîne dont l’une, la chaîne complémentaire, va servir successivement de moule pour une série de nouvelles chaînes
virales identiques à la chaîne virale initiale.
On a pu montrer, dans le cas d’un autre virus à ARN, le Polio virus, qu il fallait
environ une minute pour synthétiser une chaîne et qu’il s’en fabriquait environ quatre
a la fois sur chaque chaîne complémentaire.
Maturation du virion, Assemblage des constituants
La maturation du virus grippal est relativement différente de celle du bactério287
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