UN VIRUS ANIMAL : LE VIRUS GRIPPAL
Les virus grippaux ou Myxovirus influenzae1 appartiennent à trois types indépendants, A, B et C caractérisés chacun par un antigène profond particulier stable.
Chaque type est subdivisé en souches caractérisées, elles, par un antigène périphérique particulier. En d’autres termes, les différentes souches d’un même
type ont toutes un même antigène profond, mais diffèrent l’une de l’autre par
leur antigène périphérique, qui est beaucoup moins stable. L’antigène profond
n’est autre que la nucléocapside, l’antigène périphérique correspondant à l’enveloppe.
Cette subdivision en souches n’aurait par elle-même que peu d’intérêt si elle ne
correspondait à une véritable évolution.
En principe, ces souches sont chacune responsables d’une épidémie annuelle et
se relaient l’une l’autre. Une nouvelle souche diffère légèrement de la précédente
par son antigène périphérique. Cette nouvelle souche, profitant probablement du
fait que les populations ne sont plus immunisées (absence d’immunité due à
cette variation antigénique) supplante ainsi la précédente.
Les souches disparaissent ainsi successivement dans la nature, pour devenir
de véritables « fossiles » ne subsistant plus que dans les laboratoires. Nous avons
là un bel exemple d’évolution dont les traces s’observent jusqu’à l’échelle moléculaire.
Cette instabilité de l’antigène périphérique n’est pas générale chez tous les Myxovirus. Les virus des oreillons et de la rougeole sont, au contraire, très stables,
de telle sorte qu’une immunisation due à une première atteinte reste, en principe,
valable toute la vie.
Cycle du virus grippal en culture de tissus 3.2.
Avec le bactériophage, l’étude du cycle viral dans l’hôte naturel du virus était
facilitée du fait que l’hôte est un être unicellulaire se prêtant aux expériences
de laboratoire.
Dans le cas du virus grippal, une étude comparable nous amènerait à envisager la
multiplication du virus dans l’épithélium bronchial de l’homme; ce qui est
possible, mais fournit des résultats difficiles à interpréter.
On peut essayer de substituer à l’homme un animal de laboratoire : la souris
ou le furet, sensibles à certaines souches au moins de virus grippal. Mais le plus
simple est encore de ramener le problème à l’échelle cellulaire en utilisant les
cultures de tissus.
3.2.1. DIFFERENTES ETAPES DU CYCLE
Nous avons vu, à propos du bactériophage, que le cycle d’un virus peut être
décomposé en plusieurs étapes : pénétration, synthèse des constituants, assemblage et libération des virions. Il en est de même dans le cas du virus grippal.
1. De « influenza », synonyme de « grippe » répandu en Europe à la suite de l’épidémie de 1743
qui prit naissance en Italie.
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Les virus grippaux ou Myxovirus influenzae1 appartiennent à trois types indépendants, A, B et C caractérisés chacun par un antigène profond particulier stable.
Chaque type est subdivisé en souches caractérisées, elles, par un antigène périphérique particulier. En d’autres termes, les différentes souches d’un même
type ont toutes un même antigène profond, mais diffèrent l’une de l’autre par
leur antigène périphérique, qui est beaucoup moins stable. L’antigène profond
n’est autre que la nucléocapside, l’antigène périphérique correspondant à l’enveloppe.
Cette subdivision en souches n’aurait par elle-même que peu d’intérêt si elle ne
correspondait à une véritable évolution.
En principe, ces souches sont chacune responsables d’une épidémie annuelle et
se relaient l’une l’autre. Une nouvelle souche diffère légèrement de la précédente
par son antigène périphérique. Cette nouvelle souche, profitant probablement du
fait que les populations ne sont plus immunisées (absence d’immunité due à
cette variation antigénique) supplante ainsi la précédente.
Les souches disparaissent ainsi successivement dans la nature, pour devenir
de véritables « fossiles » ne subsistant plus que dans les laboratoires. Nous avons
là un bel exemple d’évolution dont les traces s’observent jusqu’à l’échelle moléculaire.
Cette instabilité de l’antigène périphérique n’est pas générale chez tous les Myxovirus. Les virus des oreillons et de la rougeole sont, au contraire, très stables,
de telle sorte qu’une immunisation due à une première atteinte reste, en principe,
valable toute la vie.
Cycle du virus grippal en culture de tissus 3.2.
Avec le bactériophage, l’étude du cycle viral dans l’hôte naturel du virus était
facilitée du fait que l’hôte est un être unicellulaire se prêtant aux expériences
de laboratoire.
Dans le cas du virus grippal, une étude comparable nous amènerait à envisager la
multiplication du virus dans l’épithélium bronchial de l’homme; ce qui est
possible, mais fournit des résultats difficiles à interpréter.
On peut essayer de substituer à l’homme un animal de laboratoire : la souris
ou le furet, sensibles à certaines souches au moins de virus grippal. Mais le plus
simple est encore de ramener le problème à l’échelle cellulaire en utilisant les
cultures de tissus.
3.2.1. DIFFERENTES ETAPES DU CYCLE
Nous avons vu, à propos du bactériophage, que le cycle d’un virus peut être
décomposé en plusieurs étapes : pénétration, synthèse des constituants, assemblage et libération des virions. Il en est de même dans le cas du virus grippal.
1. De « influenza », synonyme de « grippe » répandu en Europe à la suite de l’épidémie de 1743
qui prit naissance en Italie.
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