CELLULES ET VIRUS
d'ADN du fonds commun dans un virion. Autrement dit, il existe un plafond à
ce fonds commun, plafond de l’ordre de 50 à 60 équivalents-phage.
Ce prélèvement régulier, dans le fonds commun d’ADN, explique pourquoi la
quantité d’ADN totale croît linéairement, alors que la duplication « en cascade »
des chaînes devrait aboutir à une croissance exponentielle. La molécule d’ADN
incorporée dans un virion cesse, en effet, de se répliquer.
L’ADN se condense, tout d’abord, à partir du gel très hydraté du fonds commun
et prend la forme d’une tête de phage. Autour de ce noyau, s’assemblent les protéines de la tête. Enfin, apparaît la queue du phage.
Il existe, vraisemblablement, à côté des virions en cours de maturation et contenant de l'ADN, des éléments purement protéiques ayant la forme d’une tête de
phage mais ne contenant pas (ou pas encore) d’ADN.
L’examen de la figure 154 montre que les courbes « ADN viral» et « protéines
du virion » restent constamment au-dessus de la courbe en tirets rouges. Ce qui
revient à dire qu’ADN et protéines ne seront pas incorporées en totalité dans les
virions : l’assemblage n’est donc pas total.
b) Mélange phénotypique
L'ADN du phage et les protéines virales s’assemblent en virions respectant des
règles très précises, la forme des virions étant constante pour un phage donné.
Maïs l’acide nucléique, comme les protéines, sont prélevés au hasard dans leurs
fonds communs respectifs. Ce prélèvement est un phénomène statistique ainsi
que va nous le montrer le cas du mélange phénotypique.
Les phages T2 et T4 diffèrent par leur acide nucléique (responsable de leur génotype) et leurs protéines (caractéristiques perceptibles ou phénotype). Certaines de
ces protéines, celles de la queue, sont responsables de l’adsorption du phage sur
les récepteurs de l’hôte.
Si on infecte une E. coli sauvage, à l’aide de ces deux phages différents mais apparentés, ADN et protéines spécifiques des deux phages sont synthétisés parallèlement. Cependant, au moment de la maturation, l’ADN de l’un des phages peut
s’envelopper de protéines appartenant à l’autre, (fig. 155). Il y a mélange phénotypique.
Nous aurons donc quatre types de virions :
— a) type 2 (2) : phage T2 normal (génotype et phénotype T2)
b) type 2 (4) : phage à ADN de T4 et protéines de T2.
(génotype T4)
(phénotype T2)
— c) type 4 (2) : phage à ADN de T2 et protéines de T4.
(génotype T2)
(phénotype T4)
d) type 4 (4) : phage T4 normal (génotype et phénotype T4).
Or, il existe deux mutants de E. coli B, le mutant B/2 réfractaire à T2, car dépourvu
de récepteurs pour ce phage, et le mutant B/4 réfractaire à T4 pour les mêmes
raisons.
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