BACTÉRIOPHAGES
Le nombre d’équivalents-phages de protéines croît ensuite parallèlement à celui
des équivalents phages d’ADN.
Ces protéines sont presque exclusivement synthétisées aux dépens des acides
aminés du milieu de culture. Cette synthèse a lieu au niveau des ribosomes préexistants dans la bactérie, ribosomes qui travaillent, à présent, sous la commande
d’acides ribonucléiques messagers spécifiques du phage. Ces ARN proviennent
d’une transcription de segments déterminés de l’ADN viralL
Le point de départ des deux chaînes de synthèses nucléique et protéique est l’ADN
viral introduit par effraction dans le cytoplasme bactérien. Cet acide nucléique
sert, sur toute sa longueur, de modèle lors des duplications successives conduisant
à la formation du fonds commun d’ADN viral. Par ailleurs, il doit être considéré
comme une succession de segments porteurs de l’information nécessaire à la
synthèse des protéines virales.
On peut bloquer, comme nous l’avons vu, la synthèse des protéines à l’aide d’antibiotiques tels que le chloramphénicol. Si on fait agir celui-ci dès les premières
minutes, on bloque la synthèse des enzymes nécessaires à la synthèse des constituants viraux, on bloque notamment celle de l’ADN polymérase. On n’observera
donc aucune synthèse, non seulement de protéines mais encore d’ADN viraux.
Si, au contraire, on arrête la synthèse protéique après l’élaboration des enzymes
de la phase précoce, l’ADN polymérase étant maintenant présente, l’ADN viral
pourra se former, alors qu’aucune protéine capsidale n’apparaît. Les synthèses de
l’ADN et des protéines sont donc deux phénomènes parallèles, mais se déroulant
de façon autonome dès que les enzymes de la phase précoce ont apparu.
Ces synthèses, dans le cas du bactériophage T2, ne dépendent pas des structures
génétiques de la bactérie-hôte dont le chromosome s’est disloqué dès les premières
minutes.
Les constituants du phage s’accumulent séparément, ils ne s’assembleront que
plus tard et on n’observe encore aucun virion.
Assemblage des virions ou « maturation »
a) Maturation normale
On trouve, dès la neuvième minute de l’infection, ADN et protéines spécifiques
des virions, mais ce n’est que vers la douzième minute que l’on observe les
premiers virions. Leur nombre augmente ensuite linéairement en fonction du
temps (courbe en tirets rouges, fig. 154). L’écart entre les deux courbes rouges
demeure constant. Ceci signifie qu’à partir delà douzième minute, à chaque synthèse d’une nouvelle molécule d’ADN correspond l’incorporation d’une molécule
1. Ceci peut se mettre en évidence de façon très simple : On chauffe puis on refroidit, dans
certaines conditions, un mélange de l’ADN du phage et de l’ARN messager correspondant,
on obtient des molécules « hybrides » ADN-ARN formées par l'appariement de I ADN du
phage avec l’ARN messager correspondant. Cette hybridation est rendue possible par la. complémentarité des deux séquences de bases. Si l’on remplace l’ADN du phage par de 1 ADN
bactérien normal, le complexe ne peut se former.
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Le nombre d’équivalents-phages de protéines croît ensuite parallèlement à celui
des équivalents phages d’ADN.
Ces protéines sont presque exclusivement synthétisées aux dépens des acides
aminés du milieu de culture. Cette synthèse a lieu au niveau des ribosomes préexistants dans la bactérie, ribosomes qui travaillent, à présent, sous la commande
d’acides ribonucléiques messagers spécifiques du phage. Ces ARN proviennent
d’une transcription de segments déterminés de l’ADN viralL
Le point de départ des deux chaînes de synthèses nucléique et protéique est l’ADN
viral introduit par effraction dans le cytoplasme bactérien. Cet acide nucléique
sert, sur toute sa longueur, de modèle lors des duplications successives conduisant
à la formation du fonds commun d’ADN viral. Par ailleurs, il doit être considéré
comme une succession de segments porteurs de l’information nécessaire à la
synthèse des protéines virales.
On peut bloquer, comme nous l’avons vu, la synthèse des protéines à l’aide d’antibiotiques tels que le chloramphénicol. Si on fait agir celui-ci dès les premières
minutes, on bloque la synthèse des enzymes nécessaires à la synthèse des constituants viraux, on bloque notamment celle de l’ADN polymérase. On n’observera
donc aucune synthèse, non seulement de protéines mais encore d’ADN viraux.
Si, au contraire, on arrête la synthèse protéique après l’élaboration des enzymes
de la phase précoce, l’ADN polymérase étant maintenant présente, l’ADN viral
pourra se former, alors qu’aucune protéine capsidale n’apparaît. Les synthèses de
l’ADN et des protéines sont donc deux phénomènes parallèles, mais se déroulant
de façon autonome dès que les enzymes de la phase précoce ont apparu.
Ces synthèses, dans le cas du bactériophage T2, ne dépendent pas des structures
génétiques de la bactérie-hôte dont le chromosome s’est disloqué dès les premières
minutes.
Les constituants du phage s’accumulent séparément, ils ne s’assembleront que
plus tard et on n’observe encore aucun virion.
Assemblage des virions ou « maturation »
a) Maturation normale
On trouve, dès la neuvième minute de l’infection, ADN et protéines spécifiques
des virions, mais ce n’est que vers la douzième minute que l’on observe les
premiers virions. Leur nombre augmente ensuite linéairement en fonction du
temps (courbe en tirets rouges, fig. 154). L’écart entre les deux courbes rouges
demeure constant. Ceci signifie qu’à partir delà douzième minute, à chaque synthèse d’une nouvelle molécule d’ADN correspond l’incorporation d’une molécule
1. Ceci peut se mettre en évidence de façon très simple : On chauffe puis on refroidit, dans
certaines conditions, un mélange de l’ADN du phage et de l’ARN messager correspondant,
on obtient des molécules « hybrides » ADN-ARN formées par l'appariement de I ADN du
phage avec l’ARN messager correspondant. Cette hybridation est rendue possible par la. complémentarité des deux séquences de bases. Si l’on remplace l’ADN du phage par de 1 ADN
bactérien normal, le complexe ne peut se former.
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