PERMÉABILITÉ DE LA MEMBRANE ET ÉCHANGES CELLULAIRES
FIGURE 130
Dispositif utilisé pour la mesure du potentiel transmembranaire.
(radioactivité rapportée à la concentration totale du sodium), on peut estimer la
quantité totale de sodium ayant traversé la membrane cellulaire. Cette quantité
n’est pas négligeable; dans le cas particulier de la fibre musculaire, on a pu montrer que la quantité de sodium qui pénètre ainsi dans la cellule est suffisante pour
doubler sa concentration cellulaire en moins d’une heure. En outre, l’activité
cellulaire s’accompagne souvent d’une pénétration accrue de sodium dans la
cellule : on en verra un exemple, ultérieurement, à propos de la conduction de
l’influx nerveux.
On comprend donc que le statu quo ne peut être maintenu que si la pénétration
passive de sodium dans la cellule, sous l'influence de la différence de potentiel
électrochimique, est compensée par un processus aboutissant à son rejet dans
l’espace intercellulaire. Ce processus sera nécessairement actif, c’est-à-dire qu’il
impliquera un couplage à une dépense d'énergie de la part de la cellule. La situation n’est pas fondamentalement différente en ce qui concerne la répartition du
potassium : nous avons vu en effet que sa concentration dans la fibre musculaire
est supérieure à celle que permet de prévoir la différence de potentiel électrique
transmembranaire. La membrane cellulaire étant bien perméable à cet ion, sa
répartition ne peut résulter, pas plus que celle du sodium, de processus purement
passifs. La néccessité d'un tel système avait été prévue dès 1902 par Overton;
il avait fait remarquer qu’au cours d’une existence de 70 ans, le cœur humain se
contractait quelques 2,4 109 fois, et que cependant ses concentrations en K' et
en Na+ ne variaient pas.
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