NOYAU INTERPH ASIQUE
cellules géantes, ou encore à isoler un lobe cytoplasmique anucléé, par microdissection ou centrifugation. Ces expériences commencées dès la fin du siècle dernier
par Balbiani sont appelées expériences de mérotomie.
Par section mécanique, on peut séparer une amibe en deux fragments : un fragment nucléé et un fragment anucléé. Le fragment nucléé vit normalement, croît,
et se divise quand son rapport nucléocytoplasmique atteint une certaine valeur.
Le fragment anucléé survit une vingtaine de jours; ce fragment, 5 à 10 minutes
après son isolement, prend une forme sphérique et émet de nombreux pseudopodes
de façon anarchique, puis ses mouvements se ralentissent et s’arrêtent. Les mitochondries continuent à fonctionner puisque le fragment respire, mais les synthèses
protéiques cessent. Après quelques jours, la respiration diminue progressivement,
le fragment ne se nourrit plus et meurt.
Si dans les deux ou trois jours qui suivent l’énucléation, on réimplante dans le
fragment anucléé un noyau provenant d’une autre amibe, on constate (fig. 104 d)
que le fragment recommence à se déplacer normalement, à se nourrir, à croître; il
peut se diviser et donner enfin une nouvelle population d’amibes (de Fonbrune,l 949).
L’ablation du noyau a donc entraîné l’arrêt des mouvements cellulaires, de la
nutrition et des synthèses protéiques. Toutes ces activités redeviennent normales
si on implante un noyau dans le fragment récemment anucléé, ce qui prouve
l’importance du noyau interphasique dans la vie cellulaire.
Ces observations peuvent être faites également sur des œufs d’oursin fécondés.
Quand on centrifuge ces œufs, ils s’étirent et se fragmentent en deux moitiés :
une moitié nucléée qui se divise et donne un embryon, une moitié anucléée qui ne
se divise pas et ne survit que quelques jours.
L’acétabulaire (algue verte unicellulaire géante) est un matériel de choix (fig. 104 b)
pour des expériences de mérotomie, puisque son noyau est situé dans la région
basale de la cellule, là où elle s’attache au support : région du rhizoïde. Il est donc
aisé de séparer un fragment anucléé en coupant la cellule au-dessus du rhizoïde.
Le fragment anucléé survit plusieurs mois. Pendant la première semaine qui suit
la mérotomie, les synthèses protéiques continuent, ensuite elles diminuent pour
s'arrêter au bout de trois semaines. Toutes les synthèses ne s’arrêtent pas en même
temps. Par exemple, les synthèses d’enzymes comme la phosphorylase et la phosphatase cessent à des moments différents. Ceci indique que le noyau agit sans doute
de façon spécifique pour chaque protéine. Quant à la photosynthèse et à la respiration, elles persistent normalement pendant plusieurs mois, preuves de l’indépendance des chloroplastes et des mitochondries dans la cellule (Hâmmerling, 1963).
Toutes ces expériences montrent que le noyau contrôle les activités du cytoplasme,
mais il convient de se demander comment il exerce ce contrôle.
mut 104
Expériences de mérotomie, a) Amibe. Le fragment anucléé meurt, à moins qu’on y transplante le
noyau d une autre amibe, b) Acétabulaire. Le fragment nucléé redonne une cellule entière avec son
chapeau ; le fragment anucléé meurt après quelques semaines.
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cellules géantes, ou encore à isoler un lobe cytoplasmique anucléé, par microdissection ou centrifugation. Ces expériences commencées dès la fin du siècle dernier
par Balbiani sont appelées expériences de mérotomie.
Par section mécanique, on peut séparer une amibe en deux fragments : un fragment nucléé et un fragment anucléé. Le fragment nucléé vit normalement, croît,
et se divise quand son rapport nucléocytoplasmique atteint une certaine valeur.
Le fragment anucléé survit une vingtaine de jours; ce fragment, 5 à 10 minutes
après son isolement, prend une forme sphérique et émet de nombreux pseudopodes
de façon anarchique, puis ses mouvements se ralentissent et s’arrêtent. Les mitochondries continuent à fonctionner puisque le fragment respire, mais les synthèses
protéiques cessent. Après quelques jours, la respiration diminue progressivement,
le fragment ne se nourrit plus et meurt.
Si dans les deux ou trois jours qui suivent l’énucléation, on réimplante dans le
fragment anucléé un noyau provenant d’une autre amibe, on constate (fig. 104 d)
que le fragment recommence à se déplacer normalement, à se nourrir, à croître; il
peut se diviser et donner enfin une nouvelle population d’amibes (de Fonbrune,l 949).
L’ablation du noyau a donc entraîné l’arrêt des mouvements cellulaires, de la
nutrition et des synthèses protéiques. Toutes ces activités redeviennent normales
si on implante un noyau dans le fragment récemment anucléé, ce qui prouve
l’importance du noyau interphasique dans la vie cellulaire.
Ces observations peuvent être faites également sur des œufs d’oursin fécondés.
Quand on centrifuge ces œufs, ils s’étirent et se fragmentent en deux moitiés :
une moitié nucléée qui se divise et donne un embryon, une moitié anucléée qui ne
se divise pas et ne survit que quelques jours.
L’acétabulaire (algue verte unicellulaire géante) est un matériel de choix (fig. 104 b)
pour des expériences de mérotomie, puisque son noyau est situé dans la région
basale de la cellule, là où elle s’attache au support : région du rhizoïde. Il est donc
aisé de séparer un fragment anucléé en coupant la cellule au-dessus du rhizoïde.
Le fragment anucléé survit plusieurs mois. Pendant la première semaine qui suit
la mérotomie, les synthèses protéiques continuent, ensuite elles diminuent pour
s'arrêter au bout de trois semaines. Toutes les synthèses ne s’arrêtent pas en même
temps. Par exemple, les synthèses d’enzymes comme la phosphorylase et la phosphatase cessent à des moments différents. Ceci indique que le noyau agit sans doute
de façon spécifique pour chaque protéine. Quant à la photosynthèse et à la respiration, elles persistent normalement pendant plusieurs mois, preuves de l’indépendance des chloroplastes et des mitochondries dans la cellule (Hâmmerling, 1963).
Toutes ces expériences montrent que le noyau contrôle les activités du cytoplasme,
mais il convient de se demander comment il exerce ce contrôle.
mut 104
Expériences de mérotomie, a) Amibe. Le fragment anucléé meurt, à moins qu’on y transplante le
noyau d une autre amibe, b) Acétabulaire. Le fragment nucléé redonne une cellule entière avec son
chapeau ; le fragment anucléé meurt après quelques semaines.
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