NOYAU INTERPHASIQUE
La forme du noyau est en général 'sphérique mais on connaît des noyaux dont
le contour est plus tourmenté : le noyau du polynucléaire mûr est plurilobé, le
macronucléus de Stentor (protozoaire, cilié) a l’aspect d’un chapelet (fig. 101).
Dans les glandes séricigènes du ver à soie, le noyau possède une forme très
découpée (fig. 101).
La taille du noyau interphasique est proportionnelle à la taille de la cellule. De
grosses cellules, comme les ovocytes ou les cellules des glandes salivaires de diptères, renferment un noyau volumineux. Chez certaines cellules géantes (fibres
musculaires striées par exemple) les noyaux sont de taille normale mais très nombreux; si bien qu’il existe un rapport entré la masse cytoplasmique et la masse
nucléaire totale.
Le cytoplasme d’une cellule ne peut croître indéfiniment, lorsqu’il atteint un
certain volume, la cellule se divise. Tout se passe comme si le noyau ne pouvait
se maintenir à l’état interphasique dans un volume cytoplasmique trop important.
Si on limite la croissance cytoplasmique, le noyau reste à l’état interphasique,
comme le montre l’expérience suivante. On ampute une amibe d’un lobe cytoplasmique; quand la masse cytoplasmique initiale est régénérée on répète l’opération (Hartmann, 1928); dans ces conditions le noyau se maintient à l’état interphasique, aussi longtemps qu’on empêche le cytoplasme de dépasser un certain
volume. Il existe donc un rapport d’une part entre volume cytoplasmique et
volume nucléaire, d’autre part entre croissance cytoplasmique et division. Pour
une cellule donnée ce rapport peut être exprimé quantitativement par la relation :
V noyau
V cellule — V noyau
k est le rapport nucléocytoplasmique (Hertvig, 1890), rapport qui diminue au cours
de la croissance cellulaire puisque le volume cytoplasmique (V cellule — V noyau)
augmente, tandis que le volume nucléaire reste inchangé. Quand ce rapport atteint
une certaine valeur minimum la cellule se divise.
Du point de vue fonctionnel, le noyau contrôlant l’activité du cytoplasme, tout se
passe comme s’il ne pouvait étendre sa juridiction à un volume cytoplasmique
trop important.
NUCLEOPLASME ET ORGANITES NUCLÉAIRES
Dans les cellules vivantes, le noyau apparaît, au microscope à lumière, comme une
région plus réfringente parfois animée de mouvements très lents de rotation ou
d’oscillation. Dans toutes les cellules, à l’exception des protocaryotes, le noyau
est séparé du cytoplasme par une membrane nucléaire qui n’est qu’une différenciation locale du réticulum endoplasmique, comme nous l’avons vu plus haut
(voir p. 76). Le noyau est constitué d’un nucléoplasme ou suc nucléaire d’aspect
homogène dans lequel baignent une ou plusieurs sphères très réfringentes qui
correspondent à un ou à plusieurs nucléoles. Au microscope à contraste de phase,
on distingue en outre, dans le nucléoplasme, des masses plus denses qui repré168
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