ORGANISATION SOCIALE ET CONTRAINTES ÉCONOMIQUES
communautés de pêcheurs, achètent le poisson débarqué qu’elles revendent
ensuite au détail ou à des grossistes.
Dans la plupart des pays cependant, les deux systèmes peuvent coexister,
mêlant politique de prix et politique de prêt, et les situations sont souvent
difficiles à appréhender.
Certains gouvernements, comme au Mozambique par exemple, adoptent une
politique intermédiaire visant à faciliter l’acquisition d’équipements ou de
pièces détachées aux pêcheurs qui, en contre-partie, vendent leur production
aux sociétés d’État.
En Guinée Bissau, la possibilité d'obtenir des prêts ou des crédits pour l’achat
de pirogues ou de matériels, n’est offerte qu’aux pêcheurs qui vendent leur
production au centre désigné par l’Etat ; lors de la vente, une déduction
automatique est effectuée, assurant ainsi le remboursement des prêts, des frais
de stockage et de la commercialisation.
Au Togo, les pêcheurs qui empruntent de l’argent aux femmes « consignantes » s’engagent à vendre l’intégralité de leur production au prix fixé par
celles-ci.
Quel que soit le système, et quelles qu’en soient les déclinaisons, la légitime
aspiration des pêcheurs à bénéficier de prix relativement stables n’a jusqu’ici
pu trouver de réponse vraiment satisfaisante. La solution adoptée par le Cap
Vert semble séduisante : lorsque les prix chutent, le gouvernement garantit un
prix minimum auquel il s’engage à acheter tout excédent de production. Ainsi,
l’État pallie les inconvénients du marché libre en maintenant un revenu minimum aux pêcheurs, sans entraver le jeu du marché. Mais l’intervention concerne
surtout le thon, produit d’exportation pour lequel le pays dispose d’une capacité
dé stockage et de transformation et seuls les pêcheurs opérant dans la capitale
ou à proximité peuvent en bénéficier.
Dans ce contexte, l’intérêt de la transformation paraît évident. Outre réduire
les pertes, valoriser les excédents et maintenir un certain revenu aux producteurs, cette activité, moyennant un faible investissement, permettrait également
de créer des emplois et de contribuer ainsi efficacement au développement
d’une région, voire d’un pays.
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communautés de pêcheurs, achètent le poisson débarqué qu’elles revendent
ensuite au détail ou à des grossistes.
Dans la plupart des pays cependant, les deux systèmes peuvent coexister,
mêlant politique de prix et politique de prêt, et les situations sont souvent
difficiles à appréhender.
Certains gouvernements, comme au Mozambique par exemple, adoptent une
politique intermédiaire visant à faciliter l’acquisition d’équipements ou de
pièces détachées aux pêcheurs qui, en contre-partie, vendent leur production
aux sociétés d’État.
En Guinée Bissau, la possibilité d'obtenir des prêts ou des crédits pour l’achat
de pirogues ou de matériels, n’est offerte qu’aux pêcheurs qui vendent leur
production au centre désigné par l’Etat ; lors de la vente, une déduction
automatique est effectuée, assurant ainsi le remboursement des prêts, des frais
de stockage et de la commercialisation.
Au Togo, les pêcheurs qui empruntent de l’argent aux femmes « consignantes » s’engagent à vendre l’intégralité de leur production au prix fixé par
celles-ci.
Quel que soit le système, et quelles qu’en soient les déclinaisons, la légitime
aspiration des pêcheurs à bénéficier de prix relativement stables n’a jusqu’ici
pu trouver de réponse vraiment satisfaisante. La solution adoptée par le Cap
Vert semble séduisante : lorsque les prix chutent, le gouvernement garantit un
prix minimum auquel il s’engage à acheter tout excédent de production. Ainsi,
l’État pallie les inconvénients du marché libre en maintenant un revenu minimum aux pêcheurs, sans entraver le jeu du marché. Mais l’intervention concerne
surtout le thon, produit d’exportation pour lequel le pays dispose d’une capacité
dé stockage et de transformation et seuls les pêcheurs opérant dans la capitale
ou à proximité peuvent en bénéficier.
Dans ce contexte, l’intérêt de la transformation paraît évident. Outre réduire
les pertes, valoriser les excédents et maintenir un certain revenu aux producteurs, cette activité, moyennant un faible investissement, permettrait également
de créer des emplois et de contribuer ainsi efficacement au développement
d’une région, voire d’un pays.
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