COMMENT RÉDUIRE LES PERTES ? QUELQUES CONSIGNES SIMPLES
Un risque cependant qu’il convient de souligner parce que trop souvent
négligé : c’est la contamination des eaux et des nappes phréatiques par ces
produits utilisés lors des nettoyages, efficaces certes, mais très nocifs pour
l’environnement.
Il faut en effet savoir que certains produits ont une durée de toxicité assez
longue (17). Par exemple, pour le Lindane : onze ans ;
le Ddt : dix ans ;
le paraltrion : cinq ans ;
le monuron : trois ans.
Ces méthodes chimiques sont efficaces et permettent de contrôler et limiter
les infestations par les insectes, mais malheureusement ce sont des produits
chers que les pêcheurs ne peuvent pas souvent acquérir. La diffusion de produits
non toxiques, faciles à utiliser, efficaces et à un coût raisonnable, contribuerait
à prévenir les conséquences dangereuses du recours aux produits toxiques
nuisibles au consommateur.
Un des produits recommandé pour son efficacité, sa faible toxicité et son
efficacité sur les différents types d’insectes est le méthyl-pyrimiphosphate,
commercialisé sous le nom de « Actellic ». Son utilisation sur le poisson a été
approuvé par l’OMS et la Fao en novembre 1985. Les essais menés par l’ODNRI
en Afrique ont montré que l’efficacité de l’Actellic dépend de la taille et de la
teneur en huile du poisson.
Ces produits, même lorsqu’ils sont sans danger, ne sont pas toujours employés de la meilleure façon. Ainsi, des transformatrices de la région de
Ziguinchor, utilisent l’Actellic en poudre sans se préoccuper des niveaux de
résidus maximums (RML) à ne pas dépasser (10 mg/1 pour l’Actellic). Elles
mélangent une cuillerée à café bien pleine (ce qui correspond à 8 à 10 g)
d’Actellic à environ 2,150 kg de sel (approximativement mesuré à l’aide d’une
boîte vide ayant contenu 2 kg de tomates). Ce mélange est utilisé pour saler le
poisson. Le résidu toxique est supérieur à 10 g/1.
De plus, cette poudre, non soluble dans l’eau, donne au poisson un aspect
poussiéreux qui diminue sa valeur. Il leur a été conseillé d’utiliser une formulation liquide soluble dans l’eau, telle que l’Actellic 50 CE (dosé à 500 g par
litre) et de procéder au salage par trempage dans cette solution. La solution de
trempage a été préparée en diluant 6 ml d’actellic 50 CE (soit deux cuillerées à
café du produit) dans 10 litres d’eau de mer (18).
(17) Source : Sainclivier M., « L’industrie alimentaire halieutique », 1983.
(18) Source : Revue Bonga n "24. décembre 1992.
108
Précédent

- 108/289

Suivant