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Le livre noir de la guerre d’Algérie
[En annexe :]
Commune mixte de Morsott. SAS de Gouraye. Le Lieutenant ayad, chef
de Poste, a su regagner, grâce à son travail, son calme, son courage et ses
connaissances, la confiance de la majorité de la tribu des Ouled Si Yahija Ben
Taleb. Vivant en contact étroit et permanent avec ses administrés, a pu réveiller en eux leur loyalisme et leur dévouement à la France. A obtenu d’eux
qu’ils s’opposent farouchement et ouvertement aux incursions des rebelles
Nemenchas, assuré que « toute la tribu se dresserait s’il le fallait avec des
bâtons et des serpes, pour les chasser hors du douar ».
« Assuré », mais pour combien de temps ?
Le commandement dénonce les « actions punitives »
Tel est l’état des lieux de l’Est-algérois, foyer majeur de la rébellion,
que découvre le nouveau ministre résidant Robert Lacoste en prenant
ses fonctions le 7 février 1956. C’est une anticipation presque parfaite
des drames et des espoirs de l’Algérie dans les mois et années à venir.
Les exactions de l’Armée française sont là, présentes et comme annoncées, mais il y manque une pièce capitale, la terreur du FLN qui s’impose le plus souvent par la violence aux populations musulmanes, à
ses adversaires nationalistes du MNA et à des civils européens sans
défense.
Le commandement en chef en Algérie n’avait pas laissé passer sans
réagir les exactions dénoncées par un responsable civil comme l’administrateur Ferré... Dans une note de service du 9 décembre 19552, le
général Lorillot, commandant la 10e Région militaire, qui se référait
d’ailleurs à des communications antérieures — 19 octobre et
7 novembre de la même année —, traitait des « dommages en cours
d’opérations » et de la « conduite à tenir par les troupes » :
I. Divers renseignements signalent que dans certaines localités, des détachements en opérations se sont livrés à des actions « punitives », notamment
incendies ou destructions de maisons, en contradiction totale avec les instructions formelles du Gouverneur général [Jacques Soustelle en l’occurrence] et
de moi-même.
IL II est pourtant évident que toute atteinte aux biens de personnes non
directement responsables d’actes d’hostilité à nos troupes doit être absolument
prohibée.
Plus spécialement en ce qui concerne les mechtas, mon ordre est le suivant :
a/ en toutes circonstances, l’incendie ou la destruction de mechtas à froid
sont interdits.
Le livre noir de la guerre d’Algérie
[En annexe :]
Commune mixte de Morsott. SAS de Gouraye. Le Lieutenant ayad, chef
de Poste, a su regagner, grâce à son travail, son calme, son courage et ses
connaissances, la confiance de la majorité de la tribu des Ouled Si Yahija Ben
Taleb. Vivant en contact étroit et permanent avec ses administrés, a pu réveiller en eux leur loyalisme et leur dévouement à la France. A obtenu d’eux
qu’ils s’opposent farouchement et ouvertement aux incursions des rebelles
Nemenchas, assuré que « toute la tribu se dresserait s’il le fallait avec des
bâtons et des serpes, pour les chasser hors du douar ».
« Assuré », mais pour combien de temps ?
Le commandement dénonce les « actions punitives »
Tel est l’état des lieux de l’Est-algérois, foyer majeur de la rébellion,
que découvre le nouveau ministre résidant Robert Lacoste en prenant
ses fonctions le 7 février 1956. C’est une anticipation presque parfaite
des drames et des espoirs de l’Algérie dans les mois et années à venir.
Les exactions de l’Armée française sont là, présentes et comme annoncées, mais il y manque une pièce capitale, la terreur du FLN qui s’impose le plus souvent par la violence aux populations musulmanes, à
ses adversaires nationalistes du MNA et à des civils européens sans
défense.
Le commandement en chef en Algérie n’avait pas laissé passer sans
réagir les exactions dénoncées par un responsable civil comme l’administrateur Ferré... Dans une note de service du 9 décembre 19552, le
général Lorillot, commandant la 10e Région militaire, qui se référait
d’ailleurs à des communications antérieures — 19 octobre et
7 novembre de la même année —, traitait des « dommages en cours
d’opérations » et de la « conduite à tenir par les troupes » :
I. Divers renseignements signalent que dans certaines localités, des détachements en opérations se sont livrés à des actions « punitives », notamment
incendies ou destructions de maisons, en contradiction totale avec les instructions formelles du Gouverneur général [Jacques Soustelle en l’occurrence] et
de moi-même.
IL II est pourtant évident que toute atteinte aux biens de personnes non
directement responsables d’actes d’hostilité à nos troupes doit être absolument
prohibée.
Plus spécialement en ce qui concerne les mechtas, mon ordre est le suivant :
a/ en toutes circonstances, l’incendie ou la destruction de mechtas à froid
sont interdits.
