Les années perdues
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avant les événements d’août, donne les instructions relatives à leur
construction. Ils recevront une nouvelle « consécration » officielle et, de
ce fait, une nouvelle extension en mars 1956, lors du vote des pouvoirs
spéciaux.
• 24-25 août. Les événements de Philippeville ne sont certainement
pas étrangers à la décision du gouvernement de maintenir sous les drapeaux le premier contingent de la classe 1954 et d’appeler le deuxième
contingent de la classe 1953. Cette décision accentue la tendance irréversible de l’entrée de la France dans la guerre, au moment où la situation politique se dégrade : le 26 septembre, 61 représentants du second
collège de l’Assemblée algérienne répondent à Jacques Soustelle, qui
vient de se prononcer en faveur de l’intégration, que cette solution n’a
désormais plus d’intérêt ; ils dénoncent le principe et l’application de
la responsabilité collective et protestent contre la « répression aveugle »
de l’armée. En réponse de quoi le gouverneur général suspend la session
de l’Assemblée...
• Au Maroc, le retrait de Moulay Ben Arafa qui part en exil à Tanger
est la première étape d’une solution pacifique. Tandis que le Glaoui,
pacha de Marrakech, demande la restauration de Mohammed Ben
Youssef, la France le reconnaît lors de la conférence de La Celle-SaintCloud, le 6 novembre, comme sultan du Maroc. La reconnaissance de
l’indépendance de l’ancien protectorat est en même temps officialisée.
Le sultan, qui sera investi du titre de « Mohammed V », retrouve son
pays le 16 novembre, dans la liesse générale.
• La crise politique est ouverte le 29 novembre avec la démission
du gouvernement Edgar Faure, et surtout la dissolution automatique de
l’Assemblée nationale puisque la confiance a été refusée à la majorité
absolue pour la deuxième fois en dix-huit mois. Le mouvement de
Pierre Poujade, l’Union de Défense des Commerçants et Artisans
(UDCA), fait une irruption tonitruante dans la campagne dont les réunions sont fréquemment troublées par des invectives et des slogans
contre les « grandes surfaces », voire des cris antisémites, et de violents
incidents.
Les résultats du 2 janvier 1956 créent une grande surprise. Si le Front
républicain qui regroupe les socialistes, les radicaux « mendésistes »,
l’UDSR de François Mitterrand et les Républicains sociaux conduits
par Jacques Chaban-Delmas vient en tête avec 160 sièges, les poujadistes en obtiennent 52, tandis qu’avec 150 sièges et 26 % des voix le
parti communiste peut continuer à revendiquer le titre de « premier parti
de France ». Elu dans le Quartier latin sous l’étiquette de 1 UDCA dont
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