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Le livre noir de la guerre d’ Algérie
à Constantine, Hamma Plaisance, au Kroub et à Aïn-Abid, à Philippeville, dans les mines de fer d’El-Alia (où se produiront des massacres
collectifs), à Saint-Charles, Robertville, Gastonville, El-Arrouch, Sidi
Mesrich, à Col des Oliviers, à Condé-Smendou, Bizot, Jemmapes, Lannoy, Gastu, Roknia, Oued Zenati, Aïn-Regada,
• La vague d’attentats déferle à Constantine entre 11 h 45 et midi ;
plusieurs bombes sont déposées en divers points de la ville, deux au
commissariat du 2e arrondissement, une à P ABC, une devant le n° 10
de la rue Cirta, dans le Quartier réservé, une devant le 27 de la rue
Georges-Clemenceau, une devant l’hôtel des Gorges de la même rue,
une rue des Frères-Béraud, une dans le café Cambrinus, rue Caraman.
Les dégâts sont minimes et trois personnes sont blessées. Mais l’alerte
retentit par les sirènes d’alarme de la ville, le plan d’action antiterroriste
est aussitôt mis en place contre les commandos qui se sont répandus
un peu partout et ont fait feu sur les passants. Vingt et un civils et cinq
policiers sont blessés, M. Allaoua Abbas, neveu de Ferhat Abbas, est
tué dans sa pharmacie. Cinq rebelles ont perdu la vie au cours de l’attaque après l’intervention de cinq sections du 3e régiment de tirailleurs
algériens qui ont participé au bouclage de la vieille ville, pendant que
les compagnies de CRS refoulaient et pourchassaient les assaillants, en
particulier sur les rives du Rhumel où un certain nombre d’entre eux
s’étaient cachés.
• Situation contrastée entre le Kroub, dont les rebelles sont boutés
dehors, et Aïn-Abid, où ils commettent un massacre. L’attaque, dans
les deux cas, se produit également à midi. Au Kroub, quelque deux
cents musulmans armés de vieux fusils et de haches déferlent des
douars voisins et se précipitent sur les cantonnements militaires et le
commissariat de police. L’armée et les gendarmes appuyés par deux
automitrailleuses obligent les attaquants à se replier, mais ceux-ci
reviennent, pour se voir une nouvelle fois refoulés. Trente-trois d’entre
eux ont été tués.
• A Aïn-Abid, l’effet de surprise est absolu... Une très forte bande
en kaki et armée, bientôt rejointe par la population musulmane du village et un nombre considérable d’habitants des douars environnants,
quelque sept cents hommes en tout, sèment la panique et tuent les Européens au hasard, dans certains cas en se livrant à des mutilations sur
les corps de leurs victimes. Plusieurs maisons sont pillées et incendiées.
D abord en toute impunité, parce que le maire avait refusé la présence
d une section de protection rurale. Ce n’est que vers 16 heures que
1 intervention d un escadron et d’une automitrailleuse venant du Kroub
Le livre noir de la guerre d’ Algérie
à Constantine, Hamma Plaisance, au Kroub et à Aïn-Abid, à Philippeville, dans les mines de fer d’El-Alia (où se produiront des massacres
collectifs), à Saint-Charles, Robertville, Gastonville, El-Arrouch, Sidi
Mesrich, à Col des Oliviers, à Condé-Smendou, Bizot, Jemmapes, Lannoy, Gastu, Roknia, Oued Zenati, Aïn-Regada,
• La vague d’attentats déferle à Constantine entre 11 h 45 et midi ;
plusieurs bombes sont déposées en divers points de la ville, deux au
commissariat du 2e arrondissement, une à P ABC, une devant le n° 10
de la rue Cirta, dans le Quartier réservé, une devant le 27 de la rue
Georges-Clemenceau, une devant l’hôtel des Gorges de la même rue,
une rue des Frères-Béraud, une dans le café Cambrinus, rue Caraman.
Les dégâts sont minimes et trois personnes sont blessées. Mais l’alerte
retentit par les sirènes d’alarme de la ville, le plan d’action antiterroriste
est aussitôt mis en place contre les commandos qui se sont répandus
un peu partout et ont fait feu sur les passants. Vingt et un civils et cinq
policiers sont blessés, M. Allaoua Abbas, neveu de Ferhat Abbas, est
tué dans sa pharmacie. Cinq rebelles ont perdu la vie au cours de l’attaque après l’intervention de cinq sections du 3e régiment de tirailleurs
algériens qui ont participé au bouclage de la vieille ville, pendant que
les compagnies de CRS refoulaient et pourchassaient les assaillants, en
particulier sur les rives du Rhumel où un certain nombre d’entre eux
s’étaient cachés.
• Situation contrastée entre le Kroub, dont les rebelles sont boutés
dehors, et Aïn-Abid, où ils commettent un massacre. L’attaque, dans
les deux cas, se produit également à midi. Au Kroub, quelque deux
cents musulmans armés de vieux fusils et de haches déferlent des
douars voisins et se précipitent sur les cantonnements militaires et le
commissariat de police. L’armée et les gendarmes appuyés par deux
automitrailleuses obligent les attaquants à se replier, mais ceux-ci
reviennent, pour se voir une nouvelle fois refoulés. Trente-trois d’entre
eux ont été tués.
• A Aïn-Abid, l’effet de surprise est absolu... Une très forte bande
en kaki et armée, bientôt rejointe par la population musulmane du village et un nombre considérable d’habitants des douars environnants,
quelque sept cents hommes en tout, sèment la panique et tuent les Européens au hasard, dans certains cas en se livrant à des mutilations sur
les corps de leurs victimes. Plusieurs maisons sont pillées et incendiées.
D abord en toute impunité, parce que le maire avait refusé la présence
d une section de protection rurale. Ce n’est que vers 16 heures que
1 intervention d un escadron et d’une automitrailleuse venant du Kroub
