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Le livre noir de la guerre d’ Algérie
• Le 26 janvier 1955, Jacques Soustelle est nommé gouverneur général de l’Algérie ; le 5 février suivant, Pierre Mendès France se voit
refuser la confiance de l’Assemblée nationale en raison de sa politique
en Afrique du Nord. Edgar Faure est investi le 25 février.
Jacques Soustelle est né en 1912, dans une famille ouvrière. Ancien
élève de l’École normale supérieure, sous-directeur du musée de
l’Homme en 1937, il a été en 1935, après les événements du 6 février
1934, l’un des dirigeants du Comité de vigilance des intellectuels antifascistes. Spécialiste de la civilisation aztèque, il est en mission au
Mexique lors de l’appel historique du général de Gaulle qu’il rejoint à
Londres, en juillet 1940. Déjà passionné par l’action secrète, il prend,
après avoir effectué plusieurs missions en France occupée, la direction
du Bureau Central de Renseignement et d’Action (BCRA) de la France
libre. À la Libération, il est commissaire de la République à Bordeaux,
puis ministre de l’information et des Colonies. Fidèle entre tous au
général de Gaulle, celui-ci lui confie le secrétariat général du Rassemblement du Peuple Français (RPF) qu’il a fondé en avril 1947. Il
est élu député du Rhône en 1951 et siège dans le groupe d’Union
républicaine d’action sociale lorsque le Général, sur le constat de
l’échec de son mouvement, rend leur liberté aux parlementaires du
Rassemblement.
Soustelle fait ses premiers pas de gouverneur général dans un
contexte très difficile : la réserve ou l’hostilité des milieux européens
qui le soupçonnent de vouloir mettre en œuvre une politique d’« abandon », et la dégradation inquiétante de la situation, les attentats se multipliant dans l’Aurès, le Constantinois et la Kabylie. Une situation qui
contraint Edgar Faure à déposer, le 22 mars 1955, un projet instituant
l’état d’urgence qui sera voté le 31 mars par l’Assemblée nationale. La
décision d’autoriser — en mai — le général Cherrière à mettre en œuvre
le principe de la « responsabilité collective » dans les opérations du
maintien de l’ordre, et à exécuter sans délai tout rebelle pris les armes
à la main, ne laisse plus d’illusion sur la volonté du gouvernement
français d’engager le fer contre la rébellion. Et cela en dépit des
contacts secrets de Jacques Soustelle avec des personnalités de la résistance nationaliste, comme Ahmed Francis, pour tenter de déboucher sur
une solution pacifique.
Par ailleurs, les forces de l’ordre ont rencontré plusieurs succès
importants contre les dirigeants de la rébellion. Didouche Mourad, le
chef de la wilaya 2, a été tué le 18 janvier 1955 par les parachutistes
de la 25e DIAP du colonel Ducoumau qui a succédé au général Gilles ;
Rabah Bitat, le responsable de l’Algérois, a été arrêté le 21 mars à
Le livre noir de la guerre d’ Algérie
• Le 26 janvier 1955, Jacques Soustelle est nommé gouverneur général de l’Algérie ; le 5 février suivant, Pierre Mendès France se voit
refuser la confiance de l’Assemblée nationale en raison de sa politique
en Afrique du Nord. Edgar Faure est investi le 25 février.
Jacques Soustelle est né en 1912, dans une famille ouvrière. Ancien
élève de l’École normale supérieure, sous-directeur du musée de
l’Homme en 1937, il a été en 1935, après les événements du 6 février
1934, l’un des dirigeants du Comité de vigilance des intellectuels antifascistes. Spécialiste de la civilisation aztèque, il est en mission au
Mexique lors de l’appel historique du général de Gaulle qu’il rejoint à
Londres, en juillet 1940. Déjà passionné par l’action secrète, il prend,
après avoir effectué plusieurs missions en France occupée, la direction
du Bureau Central de Renseignement et d’Action (BCRA) de la France
libre. À la Libération, il est commissaire de la République à Bordeaux,
puis ministre de l’information et des Colonies. Fidèle entre tous au
général de Gaulle, celui-ci lui confie le secrétariat général du Rassemblement du Peuple Français (RPF) qu’il a fondé en avril 1947. Il
est élu député du Rhône en 1951 et siège dans le groupe d’Union
républicaine d’action sociale lorsque le Général, sur le constat de
l’échec de son mouvement, rend leur liberté aux parlementaires du
Rassemblement.
Soustelle fait ses premiers pas de gouverneur général dans un
contexte très difficile : la réserve ou l’hostilité des milieux européens
qui le soupçonnent de vouloir mettre en œuvre une politique d’« abandon », et la dégradation inquiétante de la situation, les attentats se multipliant dans l’Aurès, le Constantinois et la Kabylie. Une situation qui
contraint Edgar Faure à déposer, le 22 mars 1955, un projet instituant
l’état d’urgence qui sera voté le 31 mars par l’Assemblée nationale. La
décision d’autoriser — en mai — le général Cherrière à mettre en œuvre
le principe de la « responsabilité collective » dans les opérations du
maintien de l’ordre, et à exécuter sans délai tout rebelle pris les armes
à la main, ne laisse plus d’illusion sur la volonté du gouvernement
français d’engager le fer contre la rébellion. Et cela en dépit des
contacts secrets de Jacques Soustelle avec des personnalités de la résistance nationaliste, comme Ahmed Francis, pour tenter de déboucher sur
une solution pacifique.
Par ailleurs, les forces de l’ordre ont rencontré plusieurs succès
importants contre les dirigeants de la rébellion. Didouche Mourad, le
chef de la wilaya 2, a été tué le 18 janvier 1955 par les parachutistes
de la 25e DIAP du colonel Ducoumau qui a succédé au général Gilles ;
Rabah Bitat, le responsable de l’Algérois, a été arrêté le 21 mars à
