Les fausses espérances et le chaos
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surtout obtenir, c’est que le gouvernement ne soit plus amené à prendre une
telle décision.
Toutes ces décisions et menaces de sanctions sont immédiatement
répercutées par le colonel Georges Buis, directeur du cabinet militaire
du haut-commissaire.
On imagine les drames de conscience et la colère des officiers qui
savaient les hommes qui avaient servi sous leurs ordres voués au supplice et à la mort. Certains d’entre eux rapporteront qu’ils entendaient
de leurs cantonnements les cris des supplétifs qu’ils avaient dû abandonner aux tortionnaires.
Les informations n’ont pas cessé d’affluer dès le mois de juillet 1962
sur le sort réservé aux anciens supplétifs. Ainsi — nous nous limiterons
à quelques exemples précis — ce « Bulletin de renseignements » du
Groupement E de la 20e division d’infanterie portant la date du 10 août
après l’« audition de quatre anciens harkis de Lodi qui ont demandé la
protection des Forces françaises en Algérie65 » :
Dans chaque localité, l’activité principale des membres du bureau FLN
consiste à enlever et à purger de façon expéditive les individus ayant servi au
sein des Forces françaises (Harkis, Moghaznis, gardes GMS, etc.).
Les opérations sont en général menées de la manière suivante :
Trois ou quatre hommes armés se présentent à l’habitation de l’ex-harki, le
plus souvent de nuit, fouillent la maison de fond en comble et s’emparent des
sommes d’argent et vêtements qu’ils y trouvent. Ils emmènent alors l’intéressé
au bureau du Centre pour y subir un premier interrogatoire au cours duquel il
est giflé et bastonné. Des questions lui sont posées sur ses activités passées.
Il est ensuite renvoyé dans ses foyers avec l’obligation de se présenter au
bureau le lendemain après-midi à une heure qui lui est fixée. L’individu est
soumis à un interrogatoire plus sérieux avec tortures. Le supplicié est amené
à donner des noms de personnes ayant « collaboré » avec les Français, ce qui
entraîne une exploitation en chaîne. Les victimes sont ensuite acheminées
avant la tombée de la nuit et à bord d’un camion civil, vers un lieu où elles
sont exécutées.
Devant la multiplication des faits qui lui sont signalés, le colonel de
Nadaillac qui commande le même groupement E de la 20e division
adresse, en date du 7 août, une note à tous les officiers de renseignement dans laquelle il leur demande de
suivre particulièrement cette question en ce qui concerne66.
— L’importance numérique de ces exécutions.
— Dans la mesure du possible, l’identité des victimes, leur adresse.
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surtout obtenir, c’est que le gouvernement ne soit plus amené à prendre une
telle décision.
Toutes ces décisions et menaces de sanctions sont immédiatement
répercutées par le colonel Georges Buis, directeur du cabinet militaire
du haut-commissaire.
On imagine les drames de conscience et la colère des officiers qui
savaient les hommes qui avaient servi sous leurs ordres voués au supplice et à la mort. Certains d’entre eux rapporteront qu’ils entendaient
de leurs cantonnements les cris des supplétifs qu’ils avaient dû abandonner aux tortionnaires.
Les informations n’ont pas cessé d’affluer dès le mois de juillet 1962
sur le sort réservé aux anciens supplétifs. Ainsi — nous nous limiterons
à quelques exemples précis — ce « Bulletin de renseignements » du
Groupement E de la 20e division d’infanterie portant la date du 10 août
après l’« audition de quatre anciens harkis de Lodi qui ont demandé la
protection des Forces françaises en Algérie65 » :
Dans chaque localité, l’activité principale des membres du bureau FLN
consiste à enlever et à purger de façon expéditive les individus ayant servi au
sein des Forces françaises (Harkis, Moghaznis, gardes GMS, etc.).
Les opérations sont en général menées de la manière suivante :
Trois ou quatre hommes armés se présentent à l’habitation de l’ex-harki, le
plus souvent de nuit, fouillent la maison de fond en comble et s’emparent des
sommes d’argent et vêtements qu’ils y trouvent. Ils emmènent alors l’intéressé
au bureau du Centre pour y subir un premier interrogatoire au cours duquel il
est giflé et bastonné. Des questions lui sont posées sur ses activités passées.
Il est ensuite renvoyé dans ses foyers avec l’obligation de se présenter au
bureau le lendemain après-midi à une heure qui lui est fixée. L’individu est
soumis à un interrogatoire plus sérieux avec tortures. Le supplicié est amené
à donner des noms de personnes ayant « collaboré » avec les Français, ce qui
entraîne une exploitation en chaîne. Les victimes sont ensuite acheminées
avant la tombée de la nuit et à bord d’un camion civil, vers un lieu où elles
sont exécutées.
Devant la multiplication des faits qui lui sont signalés, le colonel de
Nadaillac qui commande le même groupement E de la 20e division
adresse, en date du 7 août, une note à tous les officiers de renseignement dans laquelle il leur demande de
suivre particulièrement cette question en ce qui concerne66.
— L’importance numérique de ces exécutions.
— Dans la mesure du possible, l’identité des victimes, leur adresse.
