Les fausses espérances et le chaos
371
Les dommages sont très importants. Les auteurs de l’attentat avaient
précédemment pris en otage le gardien, son épouse et sa fille, qu’ils
avaient fini par libérer.
À compter de la fin avril, ce sont les attentats contre les personnes
qui sont privilégiés :
Le 29, un groupe de musulmans est mitraillé par les occupants
d’une voiture ; il y a quatre blessés.
— Le 1er mai, et selon le même scénario, un véhicule, cinq passagers, des tirs en direction d’un musulman, qui est blessé...
— Le 8, un chauffeur de taxi musulman est tué par un de ses clients
européens qui prend la fuite.
Et la « série » continue :
— Le 11, un jeune musulman de dix-sept ans est pris sous le feu « de
deux jeunes gens de type européen », et son état est jugé « sérieux ».
— Le 12, des Européens, circulant comme les précédents en auto
— ce sont certainement les mêmes, il n’est pas besoin de lever des
légions pour semer la mort ou jeter des bombes dans les rues de
Blida — tirent sur des passants musulmans, en tuent deux et en blessent
trois.
Les services de Sécurité de Blida — si tant est qu’il reste encore des
services de police à Blida en mai 1962... — signalent dans leurs documents qu’ils sont sur la piste des agresseurs... Il était temps !
D’Alger à Oran, l’OAS livre ses derniers combats...
Irrémédiablement condamnée parce que l’armée refuse dans sa très
grande majorité d’obéir à ses injonctions, bientôt privée de ses deux
principaux leaders, l’OAS livre ses derniers mais terribles combats.
Oran vit depuis des mois en état de dissidence, l’autorité bafouée
contestée, mise en échec par une OAS puissamment armée, appuyée
sur ses « Collines », assurée de complicités à tous les échelons de l’Administration, de la police, évoluant en toute tranquillité au milieu d’une
population complice.
Depuis le 28 février 1962, le général Joseph Katz est en charge du
secteur d’Oran. Une calamité que cette promotion pour celui qui va
devoir naviguer entre l’indifférence du pouvoir, la pression terrible de
l’OAS et l’attitude d’une population qui, de semaines en semaines, et
des mois durant, le vouera aux gémonies et 1 accablera de sa haine...
Mais ces « petits » pieds-noirs, eux-mêmes en grande partie exilés d Espagne, savent-ils à qui ils ont à faire ?
Joseph Katz est né vraisemblablement le 1er janvier 1907... Le doute
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Les dommages sont très importants. Les auteurs de l’attentat avaient
précédemment pris en otage le gardien, son épouse et sa fille, qu’ils
avaient fini par libérer.
À compter de la fin avril, ce sont les attentats contre les personnes
qui sont privilégiés :
Le 29, un groupe de musulmans est mitraillé par les occupants
d’une voiture ; il y a quatre blessés.
— Le 1er mai, et selon le même scénario, un véhicule, cinq passagers, des tirs en direction d’un musulman, qui est blessé...
— Le 8, un chauffeur de taxi musulman est tué par un de ses clients
européens qui prend la fuite.
Et la « série » continue :
— Le 11, un jeune musulman de dix-sept ans est pris sous le feu « de
deux jeunes gens de type européen », et son état est jugé « sérieux ».
— Le 12, des Européens, circulant comme les précédents en auto
— ce sont certainement les mêmes, il n’est pas besoin de lever des
légions pour semer la mort ou jeter des bombes dans les rues de
Blida — tirent sur des passants musulmans, en tuent deux et en blessent
trois.
Les services de Sécurité de Blida — si tant est qu’il reste encore des
services de police à Blida en mai 1962... — signalent dans leurs documents qu’ils sont sur la piste des agresseurs... Il était temps !
D’Alger à Oran, l’OAS livre ses derniers combats...
Irrémédiablement condamnée parce que l’armée refuse dans sa très
grande majorité d’obéir à ses injonctions, bientôt privée de ses deux
principaux leaders, l’OAS livre ses derniers mais terribles combats.
Oran vit depuis des mois en état de dissidence, l’autorité bafouée
contestée, mise en échec par une OAS puissamment armée, appuyée
sur ses « Collines », assurée de complicités à tous les échelons de l’Administration, de la police, évoluant en toute tranquillité au milieu d’une
population complice.
Depuis le 28 février 1962, le général Joseph Katz est en charge du
secteur d’Oran. Une calamité que cette promotion pour celui qui va
devoir naviguer entre l’indifférence du pouvoir, la pression terrible de
l’OAS et l’attitude d’une population qui, de semaines en semaines, et
des mois durant, le vouera aux gémonies et 1 accablera de sa haine...
Mais ces « petits » pieds-noirs, eux-mêmes en grande partie exilés d Espagne, savent-ils à qui ils ont à faire ?
Joseph Katz est né vraisemblablement le 1er janvier 1907... Le doute
