Les fausses espérances et le chaos
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la victime, repêchée le 23 octobre près du Pont-Neuf de Colombes, présentait
des traces de coups sur la tête. Elle avait séjourné assez longtemps dans l’eau.
— 24 octobre. Corps identifié. Coups. Retrouvé à Vitry-sur-Seine. Date de
la saisine : 24/10. D’après le dossier, le corps a séjourné environ huit jours
dans l’eau et présentait des plaies à la tête, pour lesquelles l’enquête évoque
l’hypothèse de pales de bateau ; la victime, qui habitait dans le 5e arrondissement et travaillait dans le 15e, aurait disparu le 17 octobre au soir.
— 26 octobre. Cadavre inconnu de Nord-Africain. D’après la photographie,
le corps a séjourné dans l’eau. Date de la saisine : 25/10. Selon le dossier de
la P J, la victime aurait séjourné trois à quatre jours dans l’eau.
— 26 octobre. Corps identifié. Submersion. Date de la saisine : 26/10.
D’après l’enquête de la P J, la victime, qui présentait des traces de coups au
visage, aurait séjourné quelques jours dans l’eau. Elle aurait été vue pour la
dernière fois le 18 octobre.
— 29 octobre. Cadavre inconnu de type nord-africain. Arme à feu. Corps
repêché Quai des Orfèvres [c’est le deuxième cas signalé en quelques jours
au Quai des Orfèvres, dans des conditions identiques}. Date de la saisine :
29/10. Identifié par la Police judiciaire. D’après cette enquête, la victime aurait
disparu le 17 octobre au soir. Des amis ont déclaré qu’elle aurait manifesté
place Saint-Michel [voir plus haut} où, blessée, elle aurait été déposée dans
une pharmacie. Selon la police, le corps aurait séjourné une dizaine de jours
dans l’eau, mais pourrait avoir été immergé en amont.
— 30 octobre. Cadavre inconnu de Nord-africain. Coups. Date de la saisine : 30/10. Victime retrouvée dans le canal de l’Ourcq, à Bobigny, entièrement dévêtue.
— 4 novembre. Cadavre inconnu de Nord-Africain. Date de la saisine :
05/11. D’après le dossier PJ, la victime, qui présentait des traces de coups sur
la tête, aurait passé environ quinze jours dans l’eau.
Sur les victimes recensées dans le Registre de l’institut médico-légal
et provenant des dossiers d’enquête de la police judiciaire, 13, plus de
la moitié, ont donc été retrouvées en état de submersion à des dates
correspondant visiblement aux manifestations des 17 au 20 octobre. Le
chiffre global de 25 tués s’approche d’ailleurs des conclusions de l’enquête de Jean-Paul Brunet qui écrit :
Au total, l’ordre d’idée qu’on peut retenir comme hypothèse provisoire
varierait entre une trentaine — chiffre qui nous semble le plus vraisemblable — et une cinquantaine de morts, la probabilité diminuant à nos yeux à
mesure que l’on monte entre les deux limites de la « fourchette ».
Ces évaluations à peu près correspondantes tirées des archives n ont
bien entendu qu’un très lointain rapport avec les chiffres avancés par
Jean-Luc Einaudi qui eut le mérite d’être parmi les tout premiers à
défricher le sujet dans son ouvrage La Bataille de Paris, 17 octobre
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