Les fausses espérances et le chaos
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plus nobles d’entre vous : « L’Armée n’a pas à tenir des engagements, mais à
servir l’État et à obéir aux lois. » Mais si le chef de l’État lui-même, comme
c’est le cas, viole la loi la plus sacrée, celle de l’intégrité du territoire, dont il
est le gardien, si, entre autres reniements, il bafoue la Constitution, en s’arrogeant lui-même le droit de disposer du sort d’une province... [...]
Aussi, vous dis-je, restez prêts. Un jour viendra où vous aurez à choisir
entre le service personnel de M. de Gaulle et celui de la Patrie. Nous avons
fait notre choix, nous sommes sûrs que tous les soldats dignes de ce nom
feront de même.
M’adressant maintenant à nos compatriotes de toute origine et de toutes
confessions ou classes sociales, je veux indiquer en quelques mots notre ligne
de conduite et les consignes que l’OAS leur donne devant le péril qui les
menace, alors que la perspective de l’abandon n’est plus dissimulée par le
pouvoir. Après tant d’équivoques, tant de parjures, il a fini par avouer cyniquement ses projets. À vrai dire, il ne sait trop comment les réaliser, essuyant
échec sur échec dans l’impasse où il se débat, au milieu des pires absurdités.
Nous ne le cachons pas, nous mettrons enjeu toutes les formes de résistance
contre toute mesure conduisant à l’abandon, y compris le recours aux armes.
Lorsque les droits à la liberté des citoyens sont menacés, disait la Déclaration
des droits de l’Homme, que j’ai apprise comme vous à l’école primaire, l’insurrection devient le plus sacré des devoirs. Ce devoir, nous le remplirons si
le pouvoir passe aux actes qu’il médite.
En particulier, Européens et Musulmans qui voulez rester français, habitant
les régions qui recevraient les premières des ordres d’évacuation en vue
d’abandonner au FLN votre vie et vos foyers, vous devez organiser dès maintenant votre autodéfense afin de vous accrocher sur place, le jour venu. Des
délégations de l’OAS seront constituées dans toutes les régions de l’intérieur
et notamment à l’échelon du département et de l’arrondissement, pour animer
et encadrer cette résistance.
Union, discipline, résolution, Français, Européens et Musulmans qui voulez
vivre et mourir français sur cette terre française, débout ! Ni valise ni cercueil,
la Patrie et un fusil !
Tous groupés dans l’OAS et, j’en suis sûr, nous vaincrons !
L’OAS n’est pas en peine d’idées pour impressionner et embrigader
l’opinion, en particulier pour éditer des interdits qui rappellent ceux du
FLN, bien qu’ils concernent des domaines différents. On connaît peu
d’exemples, dans l’histoire contemporaine, de pressions aussi fortes, et
inévitablement contraires, sur des communautés que l’on cherche à
dresser l’une contre l’autre au lieu de travailler à leur réconciliation.
Parmi les mises en demeure, celle, prononcée au mois de juin, à
Oran, de ne pas quitter l’Algérie pendant l’été 1961, sous peine de
représailles... Comme en témoigne ce tract28 :
L’OAS rappelle une dernière fois qu’il est interdit à tout habitant de 1 Algérie de quitter son territoire pour partir en vacances cet été, sauf pour raison de
Santé pravp
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plus nobles d’entre vous : « L’Armée n’a pas à tenir des engagements, mais à
servir l’État et à obéir aux lois. » Mais si le chef de l’État lui-même, comme
c’est le cas, viole la loi la plus sacrée, celle de l’intégrité du territoire, dont il
est le gardien, si, entre autres reniements, il bafoue la Constitution, en s’arrogeant lui-même le droit de disposer du sort d’une province... [...]
Aussi, vous dis-je, restez prêts. Un jour viendra où vous aurez à choisir
entre le service personnel de M. de Gaulle et celui de la Patrie. Nous avons
fait notre choix, nous sommes sûrs que tous les soldats dignes de ce nom
feront de même.
M’adressant maintenant à nos compatriotes de toute origine et de toutes
confessions ou classes sociales, je veux indiquer en quelques mots notre ligne
de conduite et les consignes que l’OAS leur donne devant le péril qui les
menace, alors que la perspective de l’abandon n’est plus dissimulée par le
pouvoir. Après tant d’équivoques, tant de parjures, il a fini par avouer cyniquement ses projets. À vrai dire, il ne sait trop comment les réaliser, essuyant
échec sur échec dans l’impasse où il se débat, au milieu des pires absurdités.
Nous ne le cachons pas, nous mettrons enjeu toutes les formes de résistance
contre toute mesure conduisant à l’abandon, y compris le recours aux armes.
Lorsque les droits à la liberté des citoyens sont menacés, disait la Déclaration
des droits de l’Homme, que j’ai apprise comme vous à l’école primaire, l’insurrection devient le plus sacré des devoirs. Ce devoir, nous le remplirons si
le pouvoir passe aux actes qu’il médite.
En particulier, Européens et Musulmans qui voulez rester français, habitant
les régions qui recevraient les premières des ordres d’évacuation en vue
d’abandonner au FLN votre vie et vos foyers, vous devez organiser dès maintenant votre autodéfense afin de vous accrocher sur place, le jour venu. Des
délégations de l’OAS seront constituées dans toutes les régions de l’intérieur
et notamment à l’échelon du département et de l’arrondissement, pour animer
et encadrer cette résistance.
Union, discipline, résolution, Français, Européens et Musulmans qui voulez
vivre et mourir français sur cette terre française, débout ! Ni valise ni cercueil,
la Patrie et un fusil !
Tous groupés dans l’OAS et, j’en suis sûr, nous vaincrons !
L’OAS n’est pas en peine d’idées pour impressionner et embrigader
l’opinion, en particulier pour éditer des interdits qui rappellent ceux du
FLN, bien qu’ils concernent des domaines différents. On connaît peu
d’exemples, dans l’histoire contemporaine, de pressions aussi fortes, et
inévitablement contraires, sur des communautés que l’on cherche à
dresser l’une contre l’autre au lieu de travailler à leur réconciliation.
Parmi les mises en demeure, celle, prononcée au mois de juin, à
Oran, de ne pas quitter l’Algérie pendant l’été 1961, sous peine de
représailles... Comme en témoigne ce tract28 :
L’OAS rappelle une dernière fois qu’il est interdit à tout habitant de 1 Algérie de quitter son territoire pour partir en vacances cet été, sauf pour raison de
Santé pravp
