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Le livre noir de la guerre d’ Algérie
Un putsch pour rien.,. Les insurgés, défaits, s’organisent
dans la clandestinité
Cette déclaration du chef de l’État est reçue comme une ultime provocation par les partisans de l’Algérie française, et surtout par les militaires les plus résolus à s’opposer au processus d’« abandon ». Sollicité
depuis quelque temps par le colonel Antoine Argoud qui galvanise les
officiers de haut rang résolus à employer la force — les généraux
Gardy, Jouhaud, Zeller, les colonels B'roizat, Gardes, Godard et Lacheroy —, le général Challe accepte de prendre la tête du mouvement
insurrectionnel. À la condition que l’opération soit exclusivement
confiée aux militaires, qu’il n’y ait pas d’effusion de sang. La réalisation du plan d’intervention est confiée au colonel Godard.
L'action
Le 22 avril, entre 2 heures et 4 heures du matin, selon ce qui a été
prévu, le 1er REP que commande par intérim le commandant Denoix
de Saint-Marc occupe les points névralgiques d’Alger et neutralise les
personnalités qui seraient habilitées à faire de la résistance. Les stations
de radio et de télévision sont contrôlées par les rebelles, le délégué du
gouvernement Jean Morin et le ministre des Transports Robert Buron,
qui était de passage pour une mission à Alger, placés en surveillance
au palais d’Eté, le général Gambiez, commandant en chef, et le général Vézinet, chef du corps d’armée d’Alger, faits prisonniers.
Le général Challe s’adresse à l’armée en début de matinée :
Je suis à Alger avec les généraux Zeller et Jouhaud et en liaison avec le
général Salan pour tenir notre promesse solennelle, la promesse que l’armée
gardera l’Algérie, pour que nos morts ne soient pas morts pour rien, déclare
l’ancien commandant en chef. Un gouvernement d’abandon nous apprenait
successivement l’Algérie française, l’Algérie dans la France, l’Algérie algérienne, l’Algérie indépendante associée à la France. Il s’apprête aujourd’hui à
livrer l’Algérie à l’organisation extérieure de la rébellion [...]. L’armée est
avant tout au service de la France et garante du territoire national. L’armée ne
faillira pas à sa mission...
L’état de siège est proclamé et tous les pouvoirs confiés à l’armée
tandis qu’il est précisé :
Les individus ayant participé directement à l’entreprise d’abandon de l’Algérie et du Sahara seront mis en état d’arrestation et déférés à un tribunal
Le livre noir de la guerre d’ Algérie
Un putsch pour rien.,. Les insurgés, défaits, s’organisent
dans la clandestinité
Cette déclaration du chef de l’État est reçue comme une ultime provocation par les partisans de l’Algérie française, et surtout par les militaires les plus résolus à s’opposer au processus d’« abandon ». Sollicité
depuis quelque temps par le colonel Antoine Argoud qui galvanise les
officiers de haut rang résolus à employer la force — les généraux
Gardy, Jouhaud, Zeller, les colonels B'roizat, Gardes, Godard et Lacheroy —, le général Challe accepte de prendre la tête du mouvement
insurrectionnel. À la condition que l’opération soit exclusivement
confiée aux militaires, qu’il n’y ait pas d’effusion de sang. La réalisation du plan d’intervention est confiée au colonel Godard.
L'action
Le 22 avril, entre 2 heures et 4 heures du matin, selon ce qui a été
prévu, le 1er REP que commande par intérim le commandant Denoix
de Saint-Marc occupe les points névralgiques d’Alger et neutralise les
personnalités qui seraient habilitées à faire de la résistance. Les stations
de radio et de télévision sont contrôlées par les rebelles, le délégué du
gouvernement Jean Morin et le ministre des Transports Robert Buron,
qui était de passage pour une mission à Alger, placés en surveillance
au palais d’Eté, le général Gambiez, commandant en chef, et le général Vézinet, chef du corps d’armée d’Alger, faits prisonniers.
Le général Challe s’adresse à l’armée en début de matinée :
Je suis à Alger avec les généraux Zeller et Jouhaud et en liaison avec le
général Salan pour tenir notre promesse solennelle, la promesse que l’armée
gardera l’Algérie, pour que nos morts ne soient pas morts pour rien, déclare
l’ancien commandant en chef. Un gouvernement d’abandon nous apprenait
successivement l’Algérie française, l’Algérie dans la France, l’Algérie algérienne, l’Algérie indépendante associée à la France. Il s’apprête aujourd’hui à
livrer l’Algérie à l’organisation extérieure de la rébellion [...]. L’armée est
avant tout au service de la France et garante du territoire national. L’armée ne
faillira pas à sa mission...
L’état de siège est proclamé et tous les pouvoirs confiés à l’armée
tandis qu’il est précisé :
Les individus ayant participé directement à l’entreprise d’abandon de l’Algérie et du Sahara seront mis en état d’arrestation et déférés à un tribunal
