Les fausses espérances et le chaos
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est découvert mort, ligoté, dans une voiture. Il avait été étranglé et
portait des traces de torture.
A Lyon, un attentat contre un commissariat blesse cinq policiers et
deux passants.
À Aulnay-Sous-Bois (Seine-Saint-Denis) un policier est abattu.
Plusieurs attentats au Havre, dont un sabotage manqué d’un relais de
télévision.
A Aubervilliers, aux usines de pneus Kléber-Colombes, un incendie
volontaire provoque la mort de deux employés et en blesse 28.
Une valise piégée est découverte à temps à la tour Eiffel.
Ce déferlement de violences — et de quelles violences... — oblige
bien entendu le gouvernement de Gaulle à réagir. Ce n’est plus, ce n’est
pas pour l’instant Alger qui pose problème. Les Européens, l’armée,
une partie de l’opinion musulmane, mobilisée par le 13 mai, ont rallié
l’homme du 18 Juin, convaincus du choix inconditionnel du Général
en faveur de l’Algérie française, bien qu’un examen attentif de ses discours fasse apparaître quelques doutes sur ses intentions. Tous les
acteurs des événements qui l’ont approché en témoigneront5, on l’a dit
et écrit à satiété : les intentions sont masquées, le flou volontaire, l’impératif est le retour au pouvoir. Fût-ce avec l’appui des Légions ?
De retour après douze années de traversée du désert pour sauver
l’Algérie, de Gaulle rencontre sur sa route et à sa porte... le terrorisme
du FLN. Ce terrorisme-là est plus qu’un autre un mal honteux, que l’on
voudrait voir relégué dans une histoire seconde, alors que l’on s’apprête
à célébrer la naissance de la Ve République.
Le gouvernement renoue donc inévitablement, et en plus grand, avec
les mesures sécuritaires du régime précédent. Après la série impressionnante des attentats de la nuit du 27 août, l’armée est mise à contribution,
dès le lendemain, pour surveiller les points névralgiques du territoire
métropolitain. Le 2 septembre, interdiction est faite aux Nord-Africains
de circuler de21h30à5h30, sauf pour des motifs professionnels,
15 000 réservistes de la gendarmerie sont rappelés le 17 septembre.
Les interpellations à grande échelle — près de 4 000 dans la semaine
du 22 au 27 septembre, notamment —, des arrestations par centaines,
les perquisitions qui s’ensuivent mettent la police sur les traces de plusieurs centres du FLN et du terrorisme. La wilaya sud est démantelée
le 27 septembre et des auteurs des attentats précédents sont arrêtés.
Mais, à la même époque, il y a 15 000 personnes dans les camps d’internement, un fait et des chiffres qui tendent à aligner la métropole sur
l’Algérie... Or le combat contre le terrorisme est loin d’être clos.
• 19 septembre. Réunis au Caire, les dirigeants du FLN décident et
annoncent la formation d’un Gouvernement Provisoire de la République
Algérienne (GPRA). Il sera présidé par Ferhat Abbas.
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