Du terrorisme à la répression
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Ce document, rappelons-le, fut publié en mai 1961.
Jamais la guerre d’Algérie n’avait autant mérité son nom qu’au cours
du mois de mars 1958. En une semaine, du 15 au 21, l’ALN a perdu
1 200 combattants. L’état-major mixte qui communique ces chiffres92,
insiste également sur le nombre des armes saisies pendant cette période
— 926 — et sur les « difficultés certaines de recrutement [de l’adversaire] marquées par le jeune âge et la qualité physique très médiocre
des recrues mises hors de combat »...
Pour la première fois depuis de longs mois, note encore l’état-major mixte,
il est permis de penser que [souligné dans le texte] le potentiel, aussi bien
matériel qu’humain de la rébellion est entamé. [...] Les préoccupations de
ces chefs [de la rébellion], surtout en Oranie, dans l’Algérois et dans tout
l’Atlas saharien, sont tournées vers un ravitaillement en munitions et en vivres
qui n’arrive plus qu’au compte-gouttes et dont l’absence prolongée enlèvera
aux bandes de l’intérieur leurs possibilités d’action.
[...] Pour parer à ces difficultés [...] les Chefs rebelles veulent recourir une
fois de plus au terrorisme. Celui-ci, selon certains Chefs de l’extérieur, est une
« arme absolue » entre leurs mains et ses effets sont encore susceptibles de
retourner la situation en leur faveur, en leur faisant gagner le temps nécessaire
à un règlement international du problème algérien. Il est intéressant de remarquer que les ordres concernant la relance du terrorisme sont davantage exécutés dans les régions où les bandes sont les plus menacées : Algérois, Oranie
et Kabylie viennent largement en tête avec 74 % des actions terroristes de la
semaine... [...]. Les Musulmans supportent cette semaine 94 % de ce terrorisme, surtout rural, destiné à enrayer à tout prix la mise en place des Délégations Spéciales dans le but de prouver à l’opinion mondiale que la masse
musulmane étant acquise au FLN, la loi-cadre ne peut être une solution au
problème algérien...
L’état-major mixte observe également que « les chefs de l’extérieur
maintiennent leur effort de plus en plus coûteux pour faire échec à nos
barrages frontaliers » : pendant cette période du 15 au 21 mars, onze
actions contre le barrage Est avec quatre franchissements probables
(deux dans chaque sens), et six mouvements suspects décelés au radar.
Du côté du Maroc huit actions et sept mouvements suspects également
détectés au radar.
Mais le point culminant sera atteint entre le 28 avril et le 3 mai.
Plusieurs katibas ont perdu 620 hommes après avoir franchi ou en
essayant de franchir le barrage Est.
• Le 28 avril, après la découverte de passages importants dans le
secteur de Souk-Ahras — cadavres électrocutés, tranchées creusées
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