Du terrorisme à la répression
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el-Haad, aux environs de Molière, arrondissement de Téniet-el-Haad,
tue un musulman et en blesse six autres.
Dans les Kabylies :
Les enlèvements... D’une partie de la population valide d’un village
près de Boghni, arrondissement de Palestro, le 14 janvier. Cet enlèvement
a eu lieu alors que les fellaghas se repliaient après un accrochage avec
des éléments de l’armée. — De deux musulmans, parents d’un rebelle qui
venait de faire sa soumission, le 17 janvier, près de Bordj Ménaiel.
En métropole, l’affrontement FLN-MNA n’a pas connu de relâche.
Bars et établissements nord-africains ont été régulièrement le théâtre de
règlements de comptes entre les clans rivaux, la plupart du temps au
détriment des messalistes dont le recul est de plus en plus sensible. Un
bilan au premier trimestre 1958 comptabilise vingt-cinq morts et fait
état de plusieurs dizaines de blessés au cours de fusillades, tandis que
se multiplient les mitraillages contre les commissariats de police.
La torture en « Question »
• 27 mars 1958. L’ouvrage La Question, dans lequel Henri Alleg,
ancien directeur du quotidien communiste Alger républicain, rapporte
les tortures qu’il a subies dans le centre de « triage » d’El-Biar, est saisi.
Quatre semaines après sa parution, il avait déjà connu sept rééditions et
produit un effet considérable. C’est un moment clé dans la dénonciation
de la torture en Algérie89.
Ce grave défi de la torture est depuis de longs mois largement posé
au pouvoir, comme en témoignent, parmi d’autres, le rapport du contrôleur Ferré dont nous avons parlé, ou celui du directeur général de la
police nationale, Jean Mairey, dès le mois de mars 1955 et en décembre
suivant à l’issue de missions en Algérie. Dans celui qu’ils adressent à
Robert Verdier, successeur de Jean Mairey, en décembre 1957, un
groupe de policiers syndiqués dénoncent les attributions et le rôle
impartis aux Détachements Opérationnels de Protection (DOP) qui se
substituent aux officiers de police judiciaire en toute illégalité :
L’opinion française dans son ensemble, et même les citoyens les moins
informés, n’ignorent pas qu’il existe actuellement en Algérie un grave problème des méthodes « spéciales » qui y sont parfois employées
Les OP
[Officiers de Policé], de par leurs fonctions, ont été souvent appelés à
connaître d’une façon précise et certaine des faits particulièrement graves.
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el-Haad, aux environs de Molière, arrondissement de Téniet-el-Haad,
tue un musulman et en blesse six autres.
Dans les Kabylies :
Les enlèvements... D’une partie de la population valide d’un village
près de Boghni, arrondissement de Palestro, le 14 janvier. Cet enlèvement
a eu lieu alors que les fellaghas se repliaient après un accrochage avec
des éléments de l’armée. — De deux musulmans, parents d’un rebelle qui
venait de faire sa soumission, le 17 janvier, près de Bordj Ménaiel.
En métropole, l’affrontement FLN-MNA n’a pas connu de relâche.
Bars et établissements nord-africains ont été régulièrement le théâtre de
règlements de comptes entre les clans rivaux, la plupart du temps au
détriment des messalistes dont le recul est de plus en plus sensible. Un
bilan au premier trimestre 1958 comptabilise vingt-cinq morts et fait
état de plusieurs dizaines de blessés au cours de fusillades, tandis que
se multiplient les mitraillages contre les commissariats de police.
La torture en « Question »
• 27 mars 1958. L’ouvrage La Question, dans lequel Henri Alleg,
ancien directeur du quotidien communiste Alger républicain, rapporte
les tortures qu’il a subies dans le centre de « triage » d’El-Biar, est saisi.
Quatre semaines après sa parution, il avait déjà connu sept rééditions et
produit un effet considérable. C’est un moment clé dans la dénonciation
de la torture en Algérie89.
Ce grave défi de la torture est depuis de longs mois largement posé
au pouvoir, comme en témoignent, parmi d’autres, le rapport du contrôleur Ferré dont nous avons parlé, ou celui du directeur général de la
police nationale, Jean Mairey, dès le mois de mars 1955 et en décembre
suivant à l’issue de missions en Algérie. Dans celui qu’ils adressent à
Robert Verdier, successeur de Jean Mairey, en décembre 1957, un
groupe de policiers syndiqués dénoncent les attributions et le rôle
impartis aux Détachements Opérationnels de Protection (DOP) qui se
substituent aux officiers de police judiciaire en toute illégalité :
L’opinion française dans son ensemble, et même les citoyens les moins
informés, n’ignorent pas qu’il existe actuellement en Algérie un grave problème des méthodes « spéciales » qui y sont parfois employées
Les OP
[Officiers de Policé], de par leurs fonctions, ont été souvent appelés à
connaître d’une façon précise et certaine des faits particulièrement graves.
