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Le livre noir de la guerre d’ Algérie
rebelles, et dans ce chiffre les musulmans entraient pour 4 149. Deux
cents musulmans ont été tués par leurs coreligionnaires pendant le mois
de décembre 1956.
L’affaire des pères trappistes de Tibharin,
ou la maîtrise de l’action psychologique
Puisque nous citions plusieurs exemples d’assassinats de religieux,
comment ne pas évoquer l’affaire des pères trappistes, le père Mathieu
et le frère Luc, de Notre-Dame de l’Atlas, dans la région de Médéa...
Une affaire qui se termine bien, par la libération des deux religieux,
pour des raisons qu’il est difficile, quelle que soit l’issue heureuse de
l’événement, de ne pas mettre sur le compte d’une authentique entreprise d’action psychologique à la manière du FLN qui a appris à en
utiliser les ressources.
Les faits se situent en 1959. L’initiative de la libération des deux
religieux revient au Croissant rouge algérien agissant dans le cadre de
la wilaya 4 ; elle est annoncée dans une lettre adressée au père supérieur
du monastère44 :
Mon Révérend Père,
Dans quelques instants, le Croissant Rouge Algérien procédera à la libération des deux Pères du Monastère de Tibharin : le Père Mathieu et le
Frère Luc.
Au contact des réalités algériennes, ils ont pu en toute liberté, sans qu’aucune contrainte n’ait été exercée sur eux, se faire une opinion sur la guerre
d’Algérie.
Les égards que nous avons eus pour eux allaient à une religion que nous
respectons tout en déplorant la passivité de l’Église devant le massacre du
Peuple Algérien par les bombes au napalm, la torture, les exécutions sommaires, les techniques d’avilissement des « Services psychologiques » de l’armée colonialiste.
Nous attirons votre attention sur le fait que cette libération a lieu au moment
même où toute la population s’interroge sur le sort de Si Braham, de Médéa,
arrêté par la police et disparu depuis un mois environ.
Sentiments respectueux.
Le Délégué du Croissant Rouge Algérien de la Wilaya 4. Docteur Yahia.
Le Croissant rouge algérien n’en reste pas là, qui destine quelque
temps plus tard aux deux trappistes une longue lettre, modèle de réquisitoire contre la politique française. Libérés, les religieux de Tibharin
sont invités à témoigner sur les souffrances du peuple algérien :
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