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Le livre noir de la guerre d’ Algérie
L’ Aurore, de droite, affirme qu’« on se trouve dans toute l’Afrique du
Nord en présence d’une seule entreprise montée pour essayer d’évincer
les Français » ; Franc-Tireur, issu de la Résistance et qui se situe à
gauche, parle de « provocation », mais pour ajouter : « La répression
du terrorisme ne doit pas empêcher dès maintenant une action réformatrice qui s’attaquerait à la cause du mal » ; L’Humanité n’est pas éloignée de ce point de vue : « La terreur ne serait pas une solution. Celleci ne peut être trouvée que si l’on est prêt à faire droit aux légitimes
aspirations du peuple algérien à la liberté. »
Signaler des actes de terrorisme, formuler des souhaits de réformes
ne suffisent pas à appréhender l’exacte dimension de l’événement.
Pourquoi la France, qui est impliquée dans les problèmes du Maroc et
de la Tunisie, ajouterait-elle l’Algérie et ses trois départements à ses
préoccupations ? L’Algérie est terre française. Le président du Conseil
Pierre Mendès France et son ministre de l’intérieur, François Mitterrand, le répéteront en chœur devant les députés, le 12 novembre, dans
des déclarations souvent rappelées. Et pour ne s’en tenir qu’à Pierre
Mendès France :
Vous pouvez être certains, en tout cas, qu’il n’y aura, de la part du gouvernement, ni hésitation, ni atermoiements, ni demi-mesures, il n’y aura aucun
ménagement contre la sédition, aucun compromis avec elle, chacun, ici, et làbas, doit le savoir.
On ne transige pas quand il s’agit de défendre la paix intérieure de la nation,
l’unité, l’intégrité de la République. Les départements d’Algérie constituent
une partie de la République française. Ils sont français depuis longtemps et
d’une manière irrévocable... Entre elles, les populations algériennes et la
métropole, il n’y a pas de sécession concevable.
Cela doit être clair une fois pour toutes et pour toujours, aussi bien en
Algérie et dans la métropole qu’à l’étranger. [Applaudissements à gauche, au
centre, à droite et à l’extrême droite.]
Jamais la France, aucun gouvernement, aucun Parlement français, quelles
qu’en soient d’ailleurs les tendances particulières, ne cédera sur ce point
fondamental.
Mesdames, Messieurs, plusieurs députés ont fait des rapprochements entre
la politique française en Algérie et en Tunisie. J’affirme qu’aucun rapport
n’est plus erroné, qu’aucune comparaison n’est plus fausse ni plus dangereuse.
Ici, c est la France, là, c’est un pays étroitement associé à un autre...
Ces paroles, dans la bouche de celui que l’on affuble alors du « titre »
de « bradeur d Empire »... Le 21 juillet précédent, Pierre Mendès
France avait signé à Genève les accords qui avaient mis un terme aux
combats en Indochine, une guerre qui avait coûté près de cent mille
Le livre noir de la guerre d’ Algérie
L’ Aurore, de droite, affirme qu’« on se trouve dans toute l’Afrique du
Nord en présence d’une seule entreprise montée pour essayer d’évincer
les Français » ; Franc-Tireur, issu de la Résistance et qui se situe à
gauche, parle de « provocation », mais pour ajouter : « La répression
du terrorisme ne doit pas empêcher dès maintenant une action réformatrice qui s’attaquerait à la cause du mal » ; L’Humanité n’est pas éloignée de ce point de vue : « La terreur ne serait pas une solution. Celleci ne peut être trouvée que si l’on est prêt à faire droit aux légitimes
aspirations du peuple algérien à la liberté. »
Signaler des actes de terrorisme, formuler des souhaits de réformes
ne suffisent pas à appréhender l’exacte dimension de l’événement.
Pourquoi la France, qui est impliquée dans les problèmes du Maroc et
de la Tunisie, ajouterait-elle l’Algérie et ses trois départements à ses
préoccupations ? L’Algérie est terre française. Le président du Conseil
Pierre Mendès France et son ministre de l’intérieur, François Mitterrand, le répéteront en chœur devant les députés, le 12 novembre, dans
des déclarations souvent rappelées. Et pour ne s’en tenir qu’à Pierre
Mendès France :
Vous pouvez être certains, en tout cas, qu’il n’y aura, de la part du gouvernement, ni hésitation, ni atermoiements, ni demi-mesures, il n’y aura aucun
ménagement contre la sédition, aucun compromis avec elle, chacun, ici, et làbas, doit le savoir.
On ne transige pas quand il s’agit de défendre la paix intérieure de la nation,
l’unité, l’intégrité de la République. Les départements d’Algérie constituent
une partie de la République française. Ils sont français depuis longtemps et
d’une manière irrévocable... Entre elles, les populations algériennes et la
métropole, il n’y a pas de sécession concevable.
Cela doit être clair une fois pour toutes et pour toujours, aussi bien en
Algérie et dans la métropole qu’à l’étranger. [Applaudissements à gauche, au
centre, à droite et à l’extrême droite.]
Jamais la France, aucun gouvernement, aucun Parlement français, quelles
qu’en soient d’ailleurs les tendances particulières, ne cédera sur ce point
fondamental.
Mesdames, Messieurs, plusieurs députés ont fait des rapprochements entre
la politique française en Algérie et en Tunisie. J’affirme qu’aucun rapport
n’est plus erroné, qu’aucune comparaison n’est plus fausse ni plus dangereuse.
Ici, c est la France, là, c’est un pays étroitement associé à un autre...
Ces paroles, dans la bouche de celui que l’on affuble alors du « titre »
de « bradeur d Empire »... Le 21 juillet précédent, Pierre Mendès
France avait signé à Genève les accords qui avaient mis un terme aux
combats en Indochine, une guerre qui avait coûté près de cent mille
