Du terrorisme à la répression
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Une autre information confirme l’intervention de femmes musulmanes dans les embuscades... Le lendemain, 3 octobre, un convoi du
110e régiment d’infanterie motorisée est surpris à son tour, dans la
même région. Cette fois, le combat est très dur, et plus de soixante
hommes sont, selon l’expression retenue, « mis hors de combat » de
chaque côté. Les forces de l’ordre perdent quarante-sept des leurs. Un
des rares militaires qui échappera à la mort témoignera que « des
femmes musulmanes, vêtues de treillis, achevaient les blessés et
détroussaient les morts »...
• 16 octobre. Le cargo Athos en provenance d’Alexandrie, qui contenait un impressionnant stock d’armes et de munitions, est intercepté par
la marine française au large des côtes d’Oranie.
Cette saisie qui démontre l’implication de l’Égypte dans le conflit
algérien apporte des arguments supplémentaires aux partisans d’une
intervention contre le régime du colonel Nasser.
• 22 octobre. L’avion qui transportait Ahmed Ben Bella, Mohammed
Khider, Hocine Aït Ahmed, Mohammed Boudiaf et un professeur algérien, Mostefa Lacheraf, est détourné et contraint d’atterrir à Alger.
Interrogé par un commissaire de police alors qu’il vient d’être mis en
état d’arrestation, Ben Bella déclare notamment :
A l’issue de ces réunions [à Rabat, avec le sultan Mohammed F], notre
délégation décida comme il avait été convenu de se rendre à tunis avec le
Sultan pour y rencontrer bourguiba et mettre sur pied [...] une décision
commune marocaine, algérienne et tunisienne [sur le problème algérien].
Notre délégation prit place à bord d’un avion commercial à l’aérodrome de
rabat. L’avion qui transportait le Sultan et le Prince moulay hassan ainsi que
le Ministre des Affaires Étrangères et d’autres Ministres marocains décolla
avant nous. Après une escale à palma de Majorque, notre avion se dirigea
vers tunis. Nous nous rendîmes compte que nous étions à alger lorsque nous
aperçûmes des soldats français autour de notre avion...
• 23 octobre. Habib Bourguiba rappelle son ambassadeur en France.
Mohammed V charge le chef de son gouvernement, Si Bekkaï, de venir
protester à Paris.
Alain Savary, secrétaire d’État aux Affaires marocaines et tunisiennes, et Pierre de Leusse, ambassadeur à Tunis, démissionnent.
À Meknès (Maroc), et dans sa région, quarante Européens sont massacrés par la foule musulmane.
C’est le début de l’insurrection à Budapest.
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