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Le livre noir de la guerre d’ Algérie
taies]. Avez-vous protesté contre ces crimes FLN-Communistes ?
L’Association Générale des Étudiants vous prie de répondre... » Suivent
des photos terrifiantes de trois petits blessés accompagnées de ces « légendes » : «Nicole guiraud, 10 ans [amputée du bras gauche]
— Danièle charbot, 5 ans [amputée de la jambe gauche] — rue d’Isly,
30 septembre 1956 ». Pour clore cette pleine page : « Français, toi,
qu’en penses-tu ? »
Un commentaire relevé dans le Bulletin de l’état-major mixte, le
29 septembre, veille du double attentat32, avait un caractère prémonitoire et témoignait d’une profonde inquiétude devant l’extension du
terrorisme urbain :
La situation est stationnaire dans l’Algérois, sauf en ce qui concerne le
terrorisme urbain qui s’est encore accentué à alger : les rebelles s’y manifestent en moyenne cinq fois par jour dans des attentats de plus en plus spectaculaires contre lesquels notre dispositif sans souplesse [souligné dans le texte]
est resté impuissant [...]. Les cinq attentats quotidiens d’alger et les un ou
deux d’oRAN n’exigent en effet [souligné dans le texte] qu’une douzaine de
terroristes fanatisés qui peuvent être facilement changés tous les jours pour
échapper aux procédés classiques de recherche des polices. Avec un pareil
effectif, un Chef de zone ne pourrait lancer aucune action contre notre dispositif militaire. Le terrorisme urbain est donc une méthode économique en même
temps que spectaculaire. Il est surtout une marque de faiblesse.
L’état-major mixte découvre ainsi ce qui va devenir l’une des formes
de la « guerre moderne ». Et ces remarques sont écrites en 1956, à michemin du xxe siècle.
Sur le plan militaire, précisément, les revers alternent avec les succès.
Succès, le 23 septembre, lorsque au cours d’une opération conduite
dans le Nord-Constantinois, près de Sidi Mesrich (que nous évoquions
précédemment), des éléments du 4e régiment d’infanterie coloniale surprennent Zighout Youssef et un certain nombre de ses hommes qui
revenaient de la rencontre de la Soummam. Le chef de la wilaya 2 est
tué et quatre armes sont saisies.
Mais revers dans un domaine qui atteint en profondeur le moral des
troupes : les embuscades.
Le 2 octobre, une section du 1er régiment d’infanterie motorisée est
prise à partie près de Géryville, dans le djebel Amour, et complètement
décimée. Puis un camion qui transportait une dizaine d’hommes partis
à la recherche des disparus tombe à son tour dans une embuscade. Un
rescapé racontera que des femmes avaient achevé des blessés à l’arme
blanche.
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