90 LA VIE ET LA MORT DES CORAUX
Jusqu’à —200 mètres
A 7 h 15 du soir, je fais mettre la soucoupe à l’eau. Nous restons très
longtemps à filmer sous les projecteurs, entre moins 20 et moins 50 mètres,
les grandes Gorgones pleines de poissons.
De 50 mètres à 90 mètres il n’y a plus de Gorgones : bande de sable
et d’éboulis de coraux. De 90 à 115 mètres, pente plus rapide, les blocs
de coraux sont plus petits.
115 mètres, falaise verticale. Au bord, des « buissons qui marchent »,
de couleur marron. Ce sont des étoiles de mer dont le corps est aussi petit
que celui d’une Ophiure*, mais les bras extrêmement ramifiés. L’ensemble
des animaux qui se déplacent en même temps peut atteindre plusieurs
mètres de long.
A 130 mètres, une petite corniche. A 150 mètres des éponges branchues. Rencontre de petits crustacés animés de mouvements browniens*.
Ce sont les mêmes petites crevettes recroquevillées observées par Laban
dans une de ses plongées.
La falaise s’arrête vers 190 mètres : au-delà ce sont des gros blocs,
une pente de sable et de vase parsemée de Spatangues*.
200 mètres. Fort courant vers l’Est. Nous larguons la gueuse et nous
remontons.
« Jojo n’est plus là »
17 avril, Assomption.
Avant même d’avoir pris le mouillage, j’envoie des plongeurs avec le
chaland. Ils me signalent immédiatement par radio : « Jojo n’est plus là.
Mais il y a d’autres mérous. Les fonds n’ont pas changé. »
Ils mouillent une bouée et à 8 heures je laisse tomber une ancre à
jas de l’arrière, au bon endroit. Nous sommes parfaitement situés au-dessus
d’un studio sous-marin idéal, allant de moins 6 mètres à moins 50 mètres
de fond.
Jojo, c’est le mérou qui avait été l’un des plus brillants personnages
du « Monde du Silence ». Dans la version anglaise du film il s’appelait
Ulysse. A la fin du tournage, il était devenu tellement prétentieux que pour
avoir la paix, il fallait l’enfermer dans la cage antirequins lorsque nous
Jusqu’à —200 mètres
A 7 h 15 du soir, je fais mettre la soucoupe à l’eau. Nous restons très
longtemps à filmer sous les projecteurs, entre moins 20 et moins 50 mètres,
les grandes Gorgones pleines de poissons.
De 50 mètres à 90 mètres il n’y a plus de Gorgones : bande de sable
et d’éboulis de coraux. De 90 à 115 mètres, pente plus rapide, les blocs
de coraux sont plus petits.
115 mètres, falaise verticale. Au bord, des « buissons qui marchent »,
de couleur marron. Ce sont des étoiles de mer dont le corps est aussi petit
que celui d’une Ophiure*, mais les bras extrêmement ramifiés. L’ensemble
des animaux qui se déplacent en même temps peut atteindre plusieurs
mètres de long.
A 130 mètres, une petite corniche. A 150 mètres des éponges branchues. Rencontre de petits crustacés animés de mouvements browniens*.
Ce sont les mêmes petites crevettes recroquevillées observées par Laban
dans une de ses plongées.
La falaise s’arrête vers 190 mètres : au-delà ce sont des gros blocs,
une pente de sable et de vase parsemée de Spatangues*.
200 mètres. Fort courant vers l’Est. Nous larguons la gueuse et nous
remontons.
« Jojo n’est plus là »
17 avril, Assomption.
Avant même d’avoir pris le mouillage, j’envoie des plongeurs avec le
chaland. Ils me signalent immédiatement par radio : « Jojo n’est plus là.
Mais il y a d’autres mérous. Les fonds n’ont pas changé. »
Ils mouillent une bouée et à 8 heures je laisse tomber une ancre à
jas de l’arrière, au bon endroit. Nous sommes parfaitement situés au-dessus
d’un studio sous-marin idéal, allant de moins 6 mètres à moins 50 mètres
de fond.
Jojo, c’est le mérou qui avait été l’un des plus brillants personnages
du « Monde du Silence ». Dans la version anglaise du film il s’appelait
Ulysse. A la fin du tournage, il était devenu tellement prétentieux que pour
avoir la paix, il fallait l’enfermer dans la cage antirequins lorsque nous
