INVENTAIRE DES PARADIS 79
corail ou des îles volcaniques du Pacifique. Les Seychelles sont des montagnes de granit rouge et brun et elles sont couvertes de verdure. La végétation y est admirable.
Elles sont maintenant en dehors des routes des navires et aucun avion
civil ne s y pose encore. Historiquement elles ont constitué un point stratégique, une escale sur la route des Indes. Les Anglais ne les occupent que
depuis 1810. Découvertes par les Portugais, elles sont passées aux mains
des Français et la capitale de cette trentaine d’îles et de cette soixantaine
d’îlots porte le nom de Mahé en souvenir de Mahé de La Bourdonnais*.
L’Archipel a reçu le nom des Seychelles en mémoire de l’intendant Moreau
de Séchelles. On y parle toujours français, malgré les efforts déployés par
les Anglais pour imposer leur langue.
Les Seychelles produisent de la canne à sucre, du café, du tabac, de
la vanille, du poivre, de la cannelle. Elles ont bénéficié des apports de trois
continents : l’Europe, l’Afrique et l’Asie. Le très beau jardin botanique de
Mahé, riche en essences importées d’Orient, d’Occident et des îles comme
Bourbon et Maurice, retrace cette histoire végétale, l’une des plus riches
qui soient.
Pourtant le paradis terrestre se situe peut-être sur d’autres îles voisines,
plus écartées de la civilisation : Frégate, Silhouette et Pralin, l’île des cocos
de mer ou « cocofesses » et des perroquets noirs.
Notre escale aux Seychelles nous vaut une bonne séquence : Deloire
et Barsky filment des poissons amphibies. Ces « poissons promeneurs » *,
dont le nom scientifique est Periophtalmus koelreuteri, vivent dans la vase
et sur les racines des palétuviers. Ils peuvent rester longtemps en dehors de
l’eau. Ils font exactement le contraire de ce que font les plongeurs lorsqu’ils
retiennent leur souffle et s’aventurent dans l’eau en apnée. Ces poissons, au
fieu de retenir de l’air comme des hommes, gardent de l’eau dans leur bouche
pour continuer d’irriguer leurs branchies. Cette vie en partie terrestre leur
permet de s’assurer des ressources alimentaires exceptionnelles : ils attaquent
les insectes.
Désormais le temps me presse et je n’ai pas le droit de m’attarder dans
ces parages. Je sais d’ailleurs que les Seychelles ne sont pas particulièrement
riches en récifs de coraux. En revanche ce serait l’endroit idéal pour étudier
les mollusques et les crustacés qui abondent. C’est un monde passionnant
et il faut espérer que nous pourrons revenir quelque jour. Les Seychelles
sont posées sur un socle de corail très ancien qui ne descend pas à plus de
50 mètres. C’est ce plateau qui est favorable à la vie des mollusques. Tout
autour des pentes sous-marines très abruptes s’ouvrent brusquement sur des
fonds de 5.000 mètres.
corail ou des îles volcaniques du Pacifique. Les Seychelles sont des montagnes de granit rouge et brun et elles sont couvertes de verdure. La végétation y est admirable.
Elles sont maintenant en dehors des routes des navires et aucun avion
civil ne s y pose encore. Historiquement elles ont constitué un point stratégique, une escale sur la route des Indes. Les Anglais ne les occupent que
depuis 1810. Découvertes par les Portugais, elles sont passées aux mains
des Français et la capitale de cette trentaine d’îles et de cette soixantaine
d’îlots porte le nom de Mahé en souvenir de Mahé de La Bourdonnais*.
L’Archipel a reçu le nom des Seychelles en mémoire de l’intendant Moreau
de Séchelles. On y parle toujours français, malgré les efforts déployés par
les Anglais pour imposer leur langue.
Les Seychelles produisent de la canne à sucre, du café, du tabac, de
la vanille, du poivre, de la cannelle. Elles ont bénéficié des apports de trois
continents : l’Europe, l’Afrique et l’Asie. Le très beau jardin botanique de
Mahé, riche en essences importées d’Orient, d’Occident et des îles comme
Bourbon et Maurice, retrace cette histoire végétale, l’une des plus riches
qui soient.
Pourtant le paradis terrestre se situe peut-être sur d’autres îles voisines,
plus écartées de la civilisation : Frégate, Silhouette et Pralin, l’île des cocos
de mer ou « cocofesses » et des perroquets noirs.
Notre escale aux Seychelles nous vaut une bonne séquence : Deloire
et Barsky filment des poissons amphibies. Ces « poissons promeneurs » *,
dont le nom scientifique est Periophtalmus koelreuteri, vivent dans la vase
et sur les racines des palétuviers. Ils peuvent rester longtemps en dehors de
l’eau. Ils font exactement le contraire de ce que font les plongeurs lorsqu’ils
retiennent leur souffle et s’aventurent dans l’eau en apnée. Ces poissons, au
fieu de retenir de l’air comme des hommes, gardent de l’eau dans leur bouche
pour continuer d’irriguer leurs branchies. Cette vie en partie terrestre leur
permet de s’assurer des ressources alimentaires exceptionnelles : ils attaquent
les insectes.
Désormais le temps me presse et je n’ai pas le droit de m’attarder dans
ces parages. Je sais d’ailleurs que les Seychelles ne sont pas particulièrement
riches en récifs de coraux. En revanche ce serait l’endroit idéal pour étudier
les mollusques et les crustacés qui abondent. C’est un monde passionnant
et il faut espérer que nous pourrons revenir quelque jour. Les Seychelles
sont posées sur un socle de corail très ancien qui ne descend pas à plus de
50 mètres. C’est ce plateau qui est favorable à la vie des mollusques. Tout
autour des pentes sous-marines très abruptes s’ouvrent brusquement sur des
fonds de 5.000 mètres.
