66 LA VIE ET LA MORT DES CORAUX
programme et elle peut nous apporter des renseignements sinon sur la vie
au moins sur la mort des coraux.
Tout compte fait, les oasis de vie marine me paraissent maintenant
relativement rares aux Maldives. Certes nous ne retrouvons pas ici la
profusion de la Mer Rouge : les grands « tombants » qui baignent dans le
bleu, les falaises d’où pointent les buissons de corail noir et où chaque être
semble lutter pour défendre sa place contre les autres. Mais chaque fois que
nous avons eu la chance de découvrir aux Maldives une zone florissante,
qui paraissait encore en pleine santé, nous avons cru remarquer que
chacune de ces oasis était dominée, occupée en majorité par une seule
espèce de coraux ou d’animaux fixés. Il y a des champs de « cornes de
cerf », des savanes de Gorgones, des alignements de ces éponges brunes
en forme de calices et qui évoquent les tasses et les bols rangés dans les
placards de la mer. Et tout cela se succède parfois à quelques dizaines de
mètres de distance. D’autres régions montrent des amoncellements de formes
plus massives, du genre « cerveaux de Neptune », parfois énormes. Presque
partout nous avons pu voir en abondance les grands Bénitiers plus ou moins
ouverts et dont la chair entre le zigzag des valves varie de couleur d’un
individu à l’autre : du bleu céruléen au violet foncé.
Près de l’atoll Kardiva dans le Nord, nous repérons un îlot de sable si
petit qu’il y a tout juste la place pour les deux cocotiers qui y poussent. On
dirait le traditionnel dessin humoristique consacré aux plaisanteries sur les
naufragés, thème inépuisable.
La pêche à la bonite
Le lundi 27 mars nous sommes en vue des Iles Powell qui font également partie des Maldives et sont au nombre de deux : Etingili et Alifuri.
Nous mouillons au Nord d’Etingili. Mouillage bien abrité sur un fond assez
joli. L’accueil des indigènes a été très curieux : dès que la Calypso a stoppé,
les grandes barques de pêche à voiles sont venues près de nous. Les indigènes,
après nous avoir souhaité le bonjour, nous ont clairement fait signe de
repartir. Us se sont montrés pacifiques, mais très fermes. Heureusement nous
avons à bord Hassan Didi, le représentant du gouvernement maldivien. Il
leur explique que nous sommes des chercheurs scientifiques et que nous ne
leur voulons aucun mal. Aussitôt la nouvelle passe de barque en barque et
programme et elle peut nous apporter des renseignements sinon sur la vie
au moins sur la mort des coraux.
Tout compte fait, les oasis de vie marine me paraissent maintenant
relativement rares aux Maldives. Certes nous ne retrouvons pas ici la
profusion de la Mer Rouge : les grands « tombants » qui baignent dans le
bleu, les falaises d’où pointent les buissons de corail noir et où chaque être
semble lutter pour défendre sa place contre les autres. Mais chaque fois que
nous avons eu la chance de découvrir aux Maldives une zone florissante,
qui paraissait encore en pleine santé, nous avons cru remarquer que
chacune de ces oasis était dominée, occupée en majorité par une seule
espèce de coraux ou d’animaux fixés. Il y a des champs de « cornes de
cerf », des savanes de Gorgones, des alignements de ces éponges brunes
en forme de calices et qui évoquent les tasses et les bols rangés dans les
placards de la mer. Et tout cela se succède parfois à quelques dizaines de
mètres de distance. D’autres régions montrent des amoncellements de formes
plus massives, du genre « cerveaux de Neptune », parfois énormes. Presque
partout nous avons pu voir en abondance les grands Bénitiers plus ou moins
ouverts et dont la chair entre le zigzag des valves varie de couleur d’un
individu à l’autre : du bleu céruléen au violet foncé.
Près de l’atoll Kardiva dans le Nord, nous repérons un îlot de sable si
petit qu’il y a tout juste la place pour les deux cocotiers qui y poussent. On
dirait le traditionnel dessin humoristique consacré aux plaisanteries sur les
naufragés, thème inépuisable.
La pêche à la bonite
Le lundi 27 mars nous sommes en vue des Iles Powell qui font également partie des Maldives et sont au nombre de deux : Etingili et Alifuri.
Nous mouillons au Nord d’Etingili. Mouillage bien abrité sur un fond assez
joli. L’accueil des indigènes a été très curieux : dès que la Calypso a stoppé,
les grandes barques de pêche à voiles sont venues près de nous. Les indigènes,
après nous avoir souhaité le bonjour, nous ont clairement fait signe de
repartir. Us se sont montrés pacifiques, mais très fermes. Heureusement nous
avons à bord Hassan Didi, le représentant du gouvernement maldivien. Il
leur explique que nous sommes des chercheurs scientifiques et que nous ne
leur voulons aucun mal. Aussitôt la nouvelle passe de barque en barque et
