UN SULTANAT SOCIALISTE 57
Les blocs de Madrépores et les grands Bénitiers entrouverts sont presque
à fleur d’eau. Dans des flaques plus profondes tournent des poissons
papillons.
Lorsque, écrasé par un soleil voilé, les pieds entaillés par les coraux
du platier, nous sommes las de filmer les maçons plongeurs au travail, nous
partons à la découverte de l’île.
Dans les petits cimetières sous les palmes, le corail a servi à faire les
pierres tombales et les croix. Les tombes des enfants sont proportionnées à
leur taille : sur ces dalles miniatures on peut voir encore le réseau du
squelette des animaux marins. Tout ici est lié à la mer. La vie et la mort.
On compte 93.000 habitants pour 300 km2. Une belle population
d’origine cingalaise et par conséquent de race blanche. Elle fut d’abord
bouddhiste, puis elle a été convertie à l’Islam depuis plusieurs siècles. Elle
est aujourd’hui moitié musulmane et moitié protestante : les mosquées
alternent avec les temples. Les missionnaires anglais sont passés par là.
Le niveau de vie n’est pas trop bas à cause de la pêche qui assure au
moins la nourriture, mais l’économie est encore en partie une économie de
troc. Les îles ne produisent guère que du poisson salé et du coprah* qui sont
exportés vers Ceylan. Il ne faut pas s’étonner que dans tous les domaines
s’exerce une influence à peu près exclusivement cingalaise.
J’ai surtout été frappé par le fait que cet archipel des Maldives offre
un remarquable exemple de socialisme poussé, notamment en ce qui
concerne les ressources de la pêche.
Tout en attendant l’autorisation de nous ravitailler nous explorons les
fonds autour de l’île. Falco est parti toute la journée en expédition vers le
Nord où il n’a trouvé que de l’eau trouble. Sillner lui-même n’a pu faire
aucune photo.
Bernard Delemotte et Bonnici sont partis à la recherche des mérous*
et des murènes*.
Barsky, Deloire et Marcelin Naguy continuent de filmer les carrières
de corail sur l’eau et dans l’eau. Il ne restera qu’une demi-journée de tournage
pour des raccords.
Désormais notre technique de travail est au point. Le personnel à bord
est assez nombreux et tellement rôdé à toutes les tâches que nous pouvons
assurer plusieurs activités à la fois, comme je l’ai toujours souhaité.
Mais le soir, lorsque toutes les équipes sont de retour, Falco, Delemotte,
Deloire échangent des propos pessimistes sur la plage arrière de la Calypso.
Il n’est question que de courants de marée violents et d’eau sale, de tournage impossible, de fonds de sable presque déserts, de coraux ternes ou
moribonds.
Les blocs de Madrépores et les grands Bénitiers entrouverts sont presque
à fleur d’eau. Dans des flaques plus profondes tournent des poissons
papillons.
Lorsque, écrasé par un soleil voilé, les pieds entaillés par les coraux
du platier, nous sommes las de filmer les maçons plongeurs au travail, nous
partons à la découverte de l’île.
Dans les petits cimetières sous les palmes, le corail a servi à faire les
pierres tombales et les croix. Les tombes des enfants sont proportionnées à
leur taille : sur ces dalles miniatures on peut voir encore le réseau du
squelette des animaux marins. Tout ici est lié à la mer. La vie et la mort.
On compte 93.000 habitants pour 300 km2. Une belle population
d’origine cingalaise et par conséquent de race blanche. Elle fut d’abord
bouddhiste, puis elle a été convertie à l’Islam depuis plusieurs siècles. Elle
est aujourd’hui moitié musulmane et moitié protestante : les mosquées
alternent avec les temples. Les missionnaires anglais sont passés par là.
Le niveau de vie n’est pas trop bas à cause de la pêche qui assure au
moins la nourriture, mais l’économie est encore en partie une économie de
troc. Les îles ne produisent guère que du poisson salé et du coprah* qui sont
exportés vers Ceylan. Il ne faut pas s’étonner que dans tous les domaines
s’exerce une influence à peu près exclusivement cingalaise.
J’ai surtout été frappé par le fait que cet archipel des Maldives offre
un remarquable exemple de socialisme poussé, notamment en ce qui
concerne les ressources de la pêche.
Tout en attendant l’autorisation de nous ravitailler nous explorons les
fonds autour de l’île. Falco est parti toute la journée en expédition vers le
Nord où il n’a trouvé que de l’eau trouble. Sillner lui-même n’a pu faire
aucune photo.
Bernard Delemotte et Bonnici sont partis à la recherche des mérous*
et des murènes*.
Barsky, Deloire et Marcelin Naguy continuent de filmer les carrières
de corail sur l’eau et dans l’eau. Il ne restera qu’une demi-journée de tournage
pour des raccords.
Désormais notre technique de travail est au point. Le personnel à bord
est assez nombreux et tellement rôdé à toutes les tâches que nous pouvons
assurer plusieurs activités à la fois, comme je l’ai toujours souhaité.
Mais le soir, lorsque toutes les équipes sont de retour, Falco, Delemotte,
Deloire échangent des propos pessimistes sur la plage arrière de la Calypso.
Il n’est question que de courants de marée violents et d’eau sale, de tournage impossible, de fonds de sable presque déserts, de coraux ternes ou
moribonds.
