42 LA VIE ET LA MORT DES CORAUX
livre, en prenant des bains de soleil, à de mystérieux bricolages photographiques.
Le plus cocasse dans son cas est qu’il n’est pas du tout photographe
professionnel. Son métier est d’être représentant en stylos à bille dans les
pays arabes. Il parle toutes les langues du Proche-Orient. Au cours de ses
voyages de V.R.P. en Mer Rouge, il a appris à plonger et il s’est mis à faire
des photos sous-marines.
Je l’ai rencontré à Port Soudan, il y a trois ans. Il m’a montré ses
clichés. J’ai noté son nom et lorsque j’ai cherché un photographe sousmarin pour notre croisière j’ai pensé à lui. Je ne le regrette pas. Il fait
d’excellentes photos et il se montre un compagnon agréable et pittoresque.
A Shab Arab, nous trouvons une eau extrêmement trouble, infilmable.
II n’y a pas grand espoir que la visibilité s’améliore puisque sur Shab Arab
nous sommes en haute mer. Inutile donc d’insister. Nous allons voir le
Goubet, le fameux Goubet. Avant de partir de Djibouti, ce matin, un de
nos camarades a demandé quelques renseignements sur le Goubet à un
plongeur local.
— Ah, lui a répondu le sportif du cru, c’est un endroit extraordinaire.
Il n’y a pas de fond. C’est peuplé de monstres. Ils sont capables d’entraîner
dans l’abîme des lignes attachées à des bidons de 200 litres. D’ailleurs
en 1963, le Commandant Cousteau y est allé avec Frédéric Dumas et ses
meilleurs plongeurs : ils ont été terrorisés par ce qu’ils ont vu et ils ont
préféré partir.
Nous avions hâte de faire connaissance avec ce lieu terrifiant qui nous
fait à notre insu une réputation si peu flatteuse. Le Goubet est une mer
intérieure qui communique avec le large par une passe étroite où le courant
de marée est très fort : il peut atteindre 7 nœuds.
La région est très belle, très sauvage : elle est dominée par des montagnes volcaniques dénudées, rouges, noires et jaunes. La Calypso pénètre
dans cette nasse que constitue le Goubet et nous mettons à l’eau notre
soucoupe plongeante SP 350. Elle descend à 200 mètres sans rencontrer le
moindre monstre. Les plongeurs se mettent à l’eau et ils ne trouvent rien
de bien remarquable si ce n’est des oursins géants. Il y a assez peu de
poissons. Il est probable que le monstre du Goubet qui a alimenté les
légendes arabes est tout simplement à l’origine une raie manta qui aura
été aperçue par quelque berger du haut des montagnes. Les raies mantas
sont nombreuses dans les parages et il doit arriver qu’elles s’égarent dans
le Goubet d’où elles ont du mal à sortir.
A Djibouti, Zoom, notre chien mascotte, en apercevant les douaniers
rugit... Il n’aboie plus, il rugit. Décidément il n’aime pas l’uniforme.
livre, en prenant des bains de soleil, à de mystérieux bricolages photographiques.
Le plus cocasse dans son cas est qu’il n’est pas du tout photographe
professionnel. Son métier est d’être représentant en stylos à bille dans les
pays arabes. Il parle toutes les langues du Proche-Orient. Au cours de ses
voyages de V.R.P. en Mer Rouge, il a appris à plonger et il s’est mis à faire
des photos sous-marines.
Je l’ai rencontré à Port Soudan, il y a trois ans. Il m’a montré ses
clichés. J’ai noté son nom et lorsque j’ai cherché un photographe sousmarin pour notre croisière j’ai pensé à lui. Je ne le regrette pas. Il fait
d’excellentes photos et il se montre un compagnon agréable et pittoresque.
A Shab Arab, nous trouvons une eau extrêmement trouble, infilmable.
II n’y a pas grand espoir que la visibilité s’améliore puisque sur Shab Arab
nous sommes en haute mer. Inutile donc d’insister. Nous allons voir le
Goubet, le fameux Goubet. Avant de partir de Djibouti, ce matin, un de
nos camarades a demandé quelques renseignements sur le Goubet à un
plongeur local.
— Ah, lui a répondu le sportif du cru, c’est un endroit extraordinaire.
Il n’y a pas de fond. C’est peuplé de monstres. Ils sont capables d’entraîner
dans l’abîme des lignes attachées à des bidons de 200 litres. D’ailleurs
en 1963, le Commandant Cousteau y est allé avec Frédéric Dumas et ses
meilleurs plongeurs : ils ont été terrorisés par ce qu’ils ont vu et ils ont
préféré partir.
Nous avions hâte de faire connaissance avec ce lieu terrifiant qui nous
fait à notre insu une réputation si peu flatteuse. Le Goubet est une mer
intérieure qui communique avec le large par une passe étroite où le courant
de marée est très fort : il peut atteindre 7 nœuds.
La région est très belle, très sauvage : elle est dominée par des montagnes volcaniques dénudées, rouges, noires et jaunes. La Calypso pénètre
dans cette nasse que constitue le Goubet et nous mettons à l’eau notre
soucoupe plongeante SP 350. Elle descend à 200 mètres sans rencontrer le
moindre monstre. Les plongeurs se mettent à l’eau et ils ne trouvent rien
de bien remarquable si ce n’est des oursins géants. Il y a assez peu de
poissons. Il est probable que le monstre du Goubet qui a alimenté les
légendes arabes est tout simplement à l’origine une raie manta qui aura
été aperçue par quelque berger du haut des montagnes. Les raies mantas
sont nombreuses dans les parages et il doit arriver qu’elles s’égarent dans
le Goubet d’où elles ont du mal à sortir.
A Djibouti, Zoom, notre chien mascotte, en apercevant les douaniers
rugit... Il n’aboie plus, il rugit. Décidément il n’aime pas l’uniforme.
